Feuilleton, épisode 3: Notes de lecture du livre de Laurent Davezies, La République et ses territoires, la circulation invisible des richesses, La république des idées, Seuil, 110p, janvier 2008.

Episode 3: Les transferts publics et l’Europe.

On peut distinguer deux dynamiques :

· Une réduction des disparités entre les pays que l’Ue attribue à sa politique régionale.

· Un maintien des disparités de PIB entre les régions, à l’intérieur des États, que l’UE attribue à l’inefficacité des politiques conduites par les États (mais cette appréciation repose sur l’analyse des seuls PIB et ne prend pas en compte les effets redistributeurs évoqués plus haut.

Selon l’analyse de Laurent Davezies, il en va tout autrement : la progression des régions les plus riches entraine automatiquement un effet redistributeur en faveur des régions les plus pauvres. Il s’agit donc pour l’essentiel d’un mécanisme qui joue à l’échelle nationale. Comme le démontre le cas de l’Irlande, les investissements les plus rentables sont ceux qui s’effectuent dans les régions les plus riches.

La mondialisation remet en cause ces mécanismes de solidarité interrégionale. C’est ce qu’a montré le cas exemplaire du Mexique. Avant la création de l’ALENA, les régions développées du nord acceptaient les transferts en faveur du sud, car celui-ci en échange achetait les produits du nord. Avec l’ALENA, tout change : les régions du sud utilisent la manne financière pour s’approvisionner à meilleur compte à l’étranger, et les régions frontalières ne voient plus d’intérêt à financer le sud et envisagent mêle la sécession. On observe des évolutions semblables en Ex-Yougoslavie, en Espagne, en Italie, en Belgique…

L’auteur dresse un bilan des régions qui « coutent cher » : La Corse : 5 milliards de francs au milieu des années 90 ; Le Languedoc-Roussillon : 20 ; la Bretagne ou le nord-pas de calais : 6 ; la Réunion 12 milliards de francs, 40% du PIB de l’ile… il en va de même de certaines villes comme Marseille. On peut donc craindre l’apparition de conflits post-nationaux qui opposeront les régions riches soucieuses d’échapper au poids des régions pauvres. C’est cette logique qu’on voit déjà à l’œuvre en catalogne ou en Lombardie.

La France est encore largement épargnée par ce phénomène, parce qu’y existe encore un fort sentiment national. Les migrations massives sont encore récentes et nos concitoyens se déplacent largement au cours de leur vie sur l’ensemble du territoire.

(à suivre)

épisode 1

épisode 2

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