Enthousiasme excessif pour le Bayrou américain.

L’intérêt suscité par l’élection présidentielle américaine est considérable, et s’explique sans peine, par le poids des Etats-unis sur la marche des affaires du monde. Il convient cependant de raison garder et de bien mesurer tout ce qui sépare la vie politique américaine de nos tropismes hexagonaux.

Un exemple tiré d’un article publié dans le dernier n° de la New York Review of Books (par ailleurs favorable à Obama et qu’on pourrait qualifié de libérale-démocrate). Les deux candidats proposent dans le domaine de la politique de santé des projets différents sur de nombreux points , mais très en retrait par rapport à nos conceptions européennes.

Rappelons d’abord qu’aux Etats-unis, 46 millions de personnes ne possèdent pas d’assurance santé. Les autres dépendent d’assurances privées ou mutualisées et partiellement financées par leurs entreprises. Le programme MEDICARE couvre les soins des plus pauvres et des personnes âgées. Les mutuelles d’entreprises sont en crise, parce qu’elles pèsent de plus en plus lourdement sur les comptes de ces entreprises et qu’elles peinent à couvrir des dépenses en forte croissance. Le système de santé américain est à la fois très couteux et peu efficace: l’espérance de vie aux Etats-unis n’arrive qu’au 26° rang mondial (11° rang pour la France), et la situation est bien pire pour certaines minorités).

Face à ce problème, McCain ne propose rien moins qu’une individualisation complète de l’assurance santé. Ceux qui choisiraient de quitter les mutuelles recevraient une aide de l’état (entre 2500 et 5000$), financée par une taxe payée par ceux qui choisiraient de rester au sein de ces mutuelles. On retrouve là une idée chère aux républicains (déjà appliquée dans le domaine scolaire avec le chèque éducation).

Obama propose simplement de maintenir le système actuel qui fait eau de toutes parts. Hilary Clinton, qui avait déjà essayé de réformer le système, lors du premier mandat de son mari, proposait d’aller beaucoup plus loin: Elle envisageait dans le projet présenté pendant les primaires démocrates d’établir un système national d’assurance santé public inspiré des systèmes européens.

ne croyez donc pas comme les exilés cubains, que si l’Amérique choisit Obama, elle va basculer dans le communisme! Obama reste un libéral assez traditionnel, qui a eu l’habileté de rester dans le vague pendant toute la campagne, évitant d’aborder les sujets de fond, ce qui reporte le véritable suspens à l’après-élection: Que fera réellement le vainqueur? On n’en sait pas grand chose pour l’instant…

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