Lecture: Inge Scholl, La rose blanche, éditions de minuit, 1955.

Le réçit,par la soeur d’Hans et Sophie Scholl, des actions du groupe de resistants allemands de la rose blanche, décapités au printemps 1943. le réçit est un peu naïf, mais rend bien compte du climat intellectuel et moral dans lequel baignait ce mouvement.

Extrait:

« — I1 faut tout de même essayer, répondit Christi avec ardeur. Notre conduite prouvera que la liberté des hommes subsiste. Il s’agit de sauvegarder la valeur humaine pour qu’un jour elle puisse triompher. Nous devons clairement oser dire non à cette puissance qui, non contente d’éliminer tous ses adversaires, s’en prend à ce que l’homme a de plus profond et de plus sacré. Tel doit être notre but. Personne ne peut nous décharger de cette responsabilité. Le National Socialisme, voilà Le nom qu’on a donné à cette atroce maladie de l’esprit dont souffre notre peuple. il nous est impossible (l’assister sans rien dire à cette lente agonie. »
L’entretien se prolongea tard dans la nuit. En de telles discussions où se confrontaient nos opinions, chacun acquérait la foi nécessaire pour ne pas perdre confiance, Ilfaillait une force presque surhumaine pour aller toujours à contre-courant. Mais la nécessité où l’on se trouvait de souhaiter la défaite Militaire de notre pays, était encore plus douloureuse ; pourtant cela semblait le seul moyen de guérir l’Allemagne de cette gangrène qui l’atteignait jusqu’à la moelle.
Puis les étudiants furent envoyés au front, Sophie se sentait maintenant très seule à Munich. Elle fit ses bagages et revint à la maison.
Peu de temps s’était écoulé depuis son retour, lorsque notre père reçut un matin, du Tribunal Spécial, son acte d’accusation. On lui avait fait un procès, et il était condamné à quatre mois de prison. Ainsi nous furent enlevés tous ceux que nous aimions lui, en prison ; nos frères, nos amis, perdus quelque part en Russie, sur le front.
Assez souvent, les sœurs diaconesses de Schwiibisch Hall venaient rendre visite à notre mère. Elles avaient installé une maison pour enfants atteints de maladies mentales. Un jour, une des sœurs vint nous voir ; elle paraissait triste et découragée. Nous ne savions pas comment l’aider. Elle nous confia enfin la raison de sa douleur. Les S.S. étaient venus chercher ses petits protégés et les avaient entassés dans de grands camions noirs, qui devaient les mener directement aux chambres à gaz. Quand les autres enfants avaient compris que leurs camarades ne reviendraient plus, ils avaient demandé avec inquiétude : « Où vont donc ces voitures » Les sœurs, accablées de douleur, avaient seulement répondu : « Elles vont au ciel ». Et les gosses, depuis, montaient dans les camions en chantant.
Dans un autre établissement pour enfants débiles, un des médecins, en voyant arriver les S.S. s’était écrié : « Vous devrez passer sur mon cadavre ! » Personne ne sait ce qu’ils ont fait de lui.
Un soldat, père d’un de ces enfants, revint de Russie en permission, espérant trouver son fils guéri. Mais quand il arriva du front, le petit, qu’il aimait de tout son amour paternel, avait été exécuté. »

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