REPENSER LE PROBLEME DE LA FAIM DANS LE MONDE : PREMIERE RESOLUTION POUR 2009 ?

faim

Selon le dernier rapport de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation) du 9 décembre dernier, la faim a encore progressé dans le monde, touchant 963 Millions de personnes, soit 40 millions de plus qu’en 2007, alors que , rappelons le, « l’objectif du millénaire » de l’ONU était de baisser ce chiffre de moitié d’ici 2015 ! Pourtant la planète produit en théorie suffisamment pour nourrir tous ces habitants !

Les populations les plus pauvres sont les plus touchées , notamment avec la hausse actuelle des prix alimentaires. Parmi elles,  les citadins pauvres, acheteurs de toute leur alimentation sont les plus exposés. Cette situation a des répercussions  sur l’ensemble du développement puisque pour continuer à acheter des aliments plus chers, beaucoup réduisent leurs dépenses de santé et d’éducation.
Les petits agriculteurs des pays du Sud sont eux aussi en difficulté face à la libéralisation croissante des produits agricoles, comme le souligne Olivier de Schutter, rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation. La concurrence née de cette libéralisation permet de payer leur production à un prix de plus en plus faible, alors que les intermédiaires s’enrichissent dans la chaîne de plus en plus longue de la distribution et que ces producteurs  achètent des semences et des engrais de plus en plus coûteux.

Des pays se sont spécialisés dans des cultures d’exportations, encouragés par l’OMC (le coton en Afrique de l’ouest, le café en Colombie et en Éthiopie par exemple), qui promettait que les devises ainsi récoltées pourraient financer l’importation de nourriture moins coûteuse que les  productions vivrières locales. Mais, outre la dépendance ainsi créée,  ces produits d’exportation ont vu leur cours baisser pendant que celui des produits alimentaires importés augmentait !!!

Une autre pratique risque d’aggraver la situation , celle de concéder à des États riches  contre de menus investissements ou un loyer, des terres que ces derniers cultivent pour leur propre population, au détriment des populations locales. Le Brésil a ainsi concédé 5 milliards d’hectares depuis 2000. Parmi les bénéficiaires, on peut citer des pays comme l’Arabie Saoudite, la Chine, la Corée du Sud ou parfois des multinationales du Nord tel Daewoo à Madagascar (voir carte ci dessous) , concurrencé  aujourd’hui par un groupe indien , Varun . Ces dernières  s’intéressent à des placements qui risquent de devenir « juteux », avec l’augmentation du prix des denrées alimentaires…  Vue par certains comme une forme de « néocolonialisme » , cette pratique avantageuse pour les pays investisseurs ont des répercussions très négatives pour les pays d’implantation : elle réduit les ressources vivrières disponibles pour leurs habitants et obligent souvent les petits paysans à alourdir les flux d’exode rural et à venir grossir les bidonvilles . En effet, sur ces terres louées ou vendues à des étrangers, l’intensification est de mise , ce qui détruit des emplois agricoles.

concessions-de-terres

D’autre part, des projections  prévoient  une augmentation de 600 millions de personnes touchées par la faim d’ici 2080, pour une population qui serait alors de 9,2 milliards d’individus. Une des causes, outre les conséquences de tout ce qui vient d’être décrit, serait la progression des zones arides sous l’effet du manque d’eau et  du réchauffement climatique.

Des solutions existent-elles ? Selon ces rapports, les États  peuvent encourager les paysans à revenir à l’agriculture plutôt que de la quitter, comme l’on déjà fait 14 pays africains avec succès, tel le Ghana. On peut aussi se protéger de la variation des cours mondiaux en incitant à consommer des produits locaux (manioc, sorgho…). On peut enfin -et surtout ? – remettre en cause la libéralisation  des produits agricoles  alimentaires  -voire la spéculation- qui génère de lourds coûts sociaux, environnementaux et sanitaires.

[Ndlr] Toutes ces pistes supposent une volonté politique et une véritable gouvernance mondiale de l’alimentation, qui  ne peut être gérée comme un produit commercial ordinaire : c’est un « bien global », comme  l’eau par exemple ;   elle doit donc, à ce titre,  être incluse dans une réflexion sur le développement durable. Mais les acteurs politiques et économiques qui dirigent le monde ont-ils vraiment cette volonté ?  La crise mondiale actuelle – notamment alimentaire mais aussi écologique et économique-  peut elle les y contraindre ?

Synthèses d’articles du Journal Le Monde des 10, 13, 18 et 19 Décembre 2008 et du 21 Mars 2009.

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1 Response to “REPENSER LE PROBLEME DE LA FAIM DANS LE MONDE : PREMIERE RESOLUTION POUR 2009 ?”


  1. 1 varsha 13 février 2009 à 1:14

    maybe, the world shold aim to first of all improve the quality of food thay distribute over the world. this problem is related to the problem of poverty in the world. maybe the worldshould re distribute equally the world’s food quantity. do not allow discrimination towards individuals.


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