La mort de l'industrie automobile américaine ?

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Dans la dernière livraison de la New-York Review of books, Emma Rotschild dresse un bilan de l’industrie automobile américaine. En 1955, General Motors (GM) était la plus grande compagnie américaine, et elle est restée l’une des trois premières, en terme de chiffre d’affaire, jusqu’en 2007. GM était aussi la première entreprise mondiale. Quelle sera sa place demain, alors que le nouveau président entend s’engager dans une politique visant à réduire dramatiquement les émissions de carbone (- 80% d’ici 2050), visant à passer de 20 tonnes par personnes à 2,6. L’industrie automobile est responsable aujourd’hui de 20% des émissions (c’est à dire 4 tonnes par personne et par an). cet objectif impose de faire le bilan du gaspillage éhonté des ressources et de l’espace qui s’est accentué depuis le début de la révolution néo conservatrice conduite sous la houlette de Reagan et Thatcher.

Les États-unis sont devenus dans le même temps une société plus inégalitaire. Le pays s’est fortement désindustrialisé (le secteur secondaire n’emploie plus qure 9,6% de la main d’œuvre en 2007, contre 20,4% en 1979. La période a également été marquée par une ouverture plus grande aux importations qui sont passées de 9,9% du pnb à 17,2%. le taux de syndicalisation s’est également effondré, passant de 21,2% à 7,5%.

L’industrie automobile a été l’une des victimes de ces évolutions: Les Américains dépensent moins aujourd’hui pour leur automobile qu’en conseils et services financiers et juridiques. En 1979, il dépensaient 10 fois plus… En mars 2008, GM et Ford ne représentaient plus que 5% de la valeur boursière d’Exxon!

Mais l’impact de l’automobile sur la société et les paysages reste déterminante: 90% des Américains utilisent un véhicule pour aller travailler et 76% sont seuls à bord de leur véhicule. Moins de 5% utilisent les transports publics, et il s’agit d’abord de noirs, de femmes  et de pauvres. La plupart des utilisateurs se trouvent dans quelques grandes villes de la côte est. Dans le croissant périphérique, là où la population croit le plus rapidement, les transports publics sont inexistants.

Le plan de Gore qui conseille Obama sur les questions d’environnement vise à produire des voitures propres, plus économes en énergie. Mais en l’absence d’un plan massif de développement des transports collectif, ce modèle reste une utopie dangereuse: 0,8 voiture par personne (le taux d’équipement américain), cela représente 2 milliards de véhicules en Chine et en Inde. Un projet beaucoup plus ambitieux serait nécessaire selon l’auteur: développement des transports publics, du télétravail, des infrastructures. Dans ce cas, la voiture ne serait plus utilisés pour les transports pendulaires (travail, école, etc.) mais uniquement pour certains déplacements à caractère familiale ou exceptionnel. Un tel projet aurait l’avantage de réduire les inégalités.

L’absence de transports publics accroit les inégalités: un afro américain qui utilise ces réseaux défaillants, passe un tiers de temps en plus à attendre son bus ouson train qu’un blanc qui se déplace dans son propre véhicule. Le développement des véhicules propres se traduiront par une augmentation du prix des véhicules qui pénalisera encore les plus modestes. les 20% les plus pauvres consacrent déjà 31% de leur revenu aux transports,  contre 10% pour les plus riches.

La New York Review of Books (pas d’accès gratuit aux articles).

Le plan Obama.

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