Le monde comme il va: Kenya, mars 1992.

Après l’assassinat des quatorze jeunes femmes de l’Institut Polytechnique de Montréal, à nouveau la violence, la haine contre les femmes se sont déchaînées.
Au Kenya, le 14 juillet 1991, dans un pensionnat géré conjointement par l’État et l’Eglise catholique, un massacre de femmes s’est produit.

Des jeunes gens, armés de barres de fer arrachés aux lits mêmes de ces femmes, ont brisé les portes du dortoir à l’aide de pierres, après avoir pillé la cantine et coupé les lignes téléphoniques et l’électricité. Pour « une folie meurtrière », elle fut bien préméditée.

Plus de cent jeunes filles de 14 à 18 ans furent attaquées, 71 furent violées, 19 tuées, étranglées, étouffées sous leurs lits…

La responsabilité du principal du collège, James Laboni, fut largement évoquée par la presse kenyane ; on évoqua le viol comme « couramment pratiqué » dans son établissement – ce qui fut confirmé par les collégiennes violées – ainsi que les critères d’embauche du personnel, marqués par le népotisme politique. Quant au surveillant général, Joyce Kithira, il aurait déclaré au président Daniel Arap Moi lorsque celui-ci visita le dortoir dévasté : « Les garçons ne voulaient faire aucun mal aux filles, ils voulaient simplement violer ».

Nombreuses furent les tentatives d’explications de ce massacre qui placèrent les rapports entre les sexes au coeur de l’analyse. Hilary Ng’weno, responsable de l’un des journaux les plus lus au Kenya écrivit : « Nous traitons les femmes comme des êtres de seconde zone, juste bonnes pour le sexe et les corvées domestiques. Nous élevons les garçons dans le mépris des filles.  »

Le bas statut des femmes fut en effet considéré comme l’explication la plus plausible de cette tragédie, « dans un pays où celles-ci doivent se grouper ensemble à l’avant des bus pour éviter d’être molestées par les hommes, et où les femmes éduquées des zones urbaines racontent comment elles passent des nuits entières à attendre leurs maris qui sont avec leurs maîtresses.  » (Kenyan Times) .

Un juge de la vi11e de Meru, M. Apollos, expliqua que la notion de domination mâle était inculquée lors d’une cérémonie initiatique importante, au moment de la circoncision – entre l’âge de 11 et de 17 ans – aux garçons du clan Tigania de la tribu Meru à laquelle appartiennent presque tous les collégiens de St Kitizo.
Pour les garçons, être circoncis signifie tout à la fois parler avec les femmes, coucher avec elles, battre les femmes.
Au même moment, poursuit M. Appolos, on enseigne aux femmes à ne pas refuser les relations sexuelles.

II affirma par ailleurs que si des jeunes filles n’avaient pas été tuées, les autorités n’en auraient rien su.

http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=654&themeid=625

http://www.ungei.org/french/gapproject/kenya_209.html

http://www.ungei.org/gap/

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