Nouvelle revue Française, octobre 2008.

Excellent n° de la revue littéraire des éditions Gallimard, avec un dossier consacré à la question identitaire, ses mots et ses maux. Alain Mabanckou, procède à une relecture de l’article de James Baldwin publié en 1967 sur l’antisémitisme des noirs américains et y voit une préfiguration de la situation que connait aujourd’hui la France avec « la concurrence des mémoires entre les Juifs et les Noirs ». Le dossier se poursuit avec la reprise d’une communication du linguiste Pierre Encrevé, lors du colloque l’identité nationale un enjeu pour la gauche à l’assemblée nationale en mai 2008. cette contribution, L’identité nationale, un concept pertinent? mériterait d’être citée en entier. à défaut, cet extrait résume assez bien la pensée de l’auteur:  » Quand on prend pour objet la langue, on découvre pourtant un emploi de l’expression d’« identité nationale » qui échappe à son actuelle contamination politique, mais dans une tout autre acception où c’est un concept, en effet, un concept juridique d’emploi administratif, qui vise l’identité d’un individu en tant que citoyen d’un État. La carte nationale d’identité établit précisément I’« identité nationale » d’un individu, c’est-à-dire sa citoyenneté, concept bien construit et qui ne souffre d’aucune équivoque ou ambiguïté coupable.
En France, comme aux États-Unis, l’identité nationale s’acquiert notamment par le droit du soi, salutaire conception qui ne s’embarrasse d’aucune caractéristique discriminatoire. Cette « identité nationale » de chaque citoyen ne définit aucune « nature » ethnique, religieuse ou culturelle, ni même historique pur instrument de classement, elle établit seulement l’appartenance juridique à une communauté politique. Elle n’a pas d’autre sens et, chose très remarquable, elle peut être plurielle un même individu peut avoir plusieurs identités nationales, selon les législations particulières des États en cause. Cet emploi est sans reproche, et contrecarre radicalement l’usage nationaliste de 1’« identité nationale » comme antonyme de l’immigration. Tout enfant né en France, quelles que soient l’origine de ses parents, sa langue, sa religion ou sa conception du monde, peut obtenir l’identité nationale française. L’identité nationale ici ne désigne pas une prétendue  identité de la nation mais l’appartenance d’un individu à une ou plusieurs nations. Et la nation, désencombrée de toute présupposition identitaire, se compose à tout moment de l’ensemble de tous ses membres dans leur inépuisable pluralité. »

Enfin, la communication de Vincent Duclert, lors du même colloque vaut surtout par les admirables citations de Léon Blum, Lucien Herr (en réponse à Maurice Barrès), et Jean-Pierre Vernant (après l’attentat de la rue Copernic en 1980).

pour plus de commodité, on trouvera ces trois textes dans des articles séparés.

Publicités

Site histoire-géographie: Mode d’emploi.

Pour accéder aux fiches des cours et aux documents mis en ligne, cliquez sur la page correspondant à votre classe.
Pour retrouver des informations sur un thème, consultez la page Archives ou le nuage de tags.

Entrez votre adresse e-mail pour souscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par email.

Rejoignez 13 autres abonnés

Archives

Catégories


%d blogueurs aiment cette page :