Pour les TPE: Un exemple de convergence possible entre histoire et SVT.

à partir d’un article publié par la New York Review of Books dans son N° daté du 28 juin 2007, à propos du livre de Steven Johnson, The Ghost Map: The story of London’s Most terrifying Epidemic (and how it changed Sciences, Cities, and the modern world).

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Le choléra se caractérise par une violente diarrhée qui provoque en quelques heures une déshydratation qui conduit souvent à une mort rapide. La Grande Bretagne connut au XIXe siècles 4 grandes épidémies de choléra. Les médecins impuissants, conseillaient des remèdes aussi futiles que de verser de l’eau bouillante sur le ventre, des chocs électriques, et même, du ragout de mouton… L’opinion attribuait ces épidémies à la corruption de l’atmosphère, et la demande de cadavres à des fins d’autopsie par les médecins provoqua même une vague d’assassinats!

Le mystère de la maladie a été résolue par un médecin généraliste, le docteur John Snow. Cette découverte permit d’éradiquer la maladie dans l’ensemble du monde développé. Cette histoire permet également de comprendre le rôle de l’État, des administrations, de la statistique qui firent face à l’ampleur de l’urbanisation que connut alors la Grande-Bretagne.

Jamais auparavant, 3 millions de personnes n’avaient vécues sur un espace aussi réduit que les Londoniens au milieu du XIXe siècle. La révolution industrielle provoquait la croissance des inégalités sociales, les plus pauvres s’entassant dans des quartiers malsains, foyers de nouvelles épidémies comme le choléra. des administrations publiques furent créées pour gérer l’éclairage urbain, les prisons, la collecte des ordures, les égouts et pour répondre aux crises provoquées par les épidémies.

L’un des premiers problèmes des grandes villes au XIX° siècle est celui que posent les excréments d’une population très nombreuse. Au milieu du XIXe siècle, la solution la plus fréquente était de les entasser dans une pièce spéciale à l’arrière de la maison, ou dans un sous-sol.

Hors la théorie médicale à l’époque attribuait depuis l’antiquité certaines maladies à la corruption de l’air. Quand se produisirent les premières épidémies de choléra en provenance d’Asie du sud dans les années 1820-1830, on les attribua aux « miasmes » qui se formaient au dessus des villes européennes.

en 1842, un rapport révéla que la santé des populations urbaines était très inférieure à celle des populations rurales. le bureau général de la santé fit alors campagne pour que les contribuables financent la construction d’un réseau d’égouts qui purgerait les bâtiments de leurs excréments. Malheureusement, ces égouts se déversaient directement dans la Tamise. Hors on sait maintenant que les germes du choléra se répandent par les matières fécales. Ces nouveaux égouts offraient donc une autoroute aux germes de la maladie. c’est leur construction qui explique sans doute la violence des épidémies de 1848-1849 et 1854 qui tuèrent des dizaines de milliers de personnes.

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A cette époque, John Snow, produisit une modeste brochure de 31 pages qui expliquait l’origine des épidémies. Lors de l’épidémie de 1831-1832, il avait remarqué que la maladie ne touchait pas ceux qui étaient les plus exposés aux miasmes (les vidangeurs par exemple). Quand une nouvelle épidémie se produisit en 1848-1849, il observa que les victimes avaient les mêmes sources d’approvisionnement en eau. Il faudra encore trente ans avant que Robert Koch observe les bactéries du choléra sous un microscope.

Snow publia son hypothèse dans la London Medical Gazette en 1849, dans l’indifférence générale. Lors de l’épidémie de 1854, Le sud de Londres fut d’abord touché. Il découvrit que toutes les maisons n’étaient pas affectées. celles qui l’étaient obtenaient leur eau d’une compagnie qui puisait directement dans la Tamise, les maisons épargnées d’une autre compagnie qui puisait en amont de la ville. A Soho, il démontra que la violence de l’épidémie dans ce quartier était liée à une pompe particulière qu’il fit fermer..

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Quelques mois après il dressa une carte précise localisant les victimes. C’est aujourd’hui l’un des documents les plus fameux de l’histoire des sciences. Mais sont rapport fut accueilli avec le même scepticisme que les précédents. L’année de sa mort en 1858, l’opinion commença à changer d’avis. La Tamise, cette année là était transformée en un cloaque nauséabond et les députés décidèrent de perfectionner les égouts en construisant un réseau qui conduirait leur contenu à l’extérieur de la ville. Celui-ci fut terminé en 1867, dans un climat de liesse générale, le prince de Galles acceptant même d’inaugurer une station d’épuration. à cette époque, les expériences de Pasteur avaient commencées à détruire la théorie des miasmes jusqu’ici admise.

L’article original a été publié par helen Epstein.

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