Le siècle de la puissance relative

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Résumé d’un article du Monde (03/10/07) : Le siècle de la puissance relative, par Pierre Hassner (philosophe, spécialiste des relations internationales).

Le XXIème siècle sera-t-il un siècle «anti américain»? Connaîtra t-il la fin d’une illusion, celle du « siècle de la liberté » ? . II est sûr que l’on ne retourna pas à un ordre mondial unipolaire, dominé par les USA ou les occidentaux, même si cela ne signifie pas la fin de toute influence de ceux-ci. Comment agir en faveur de la paix et de la liberté dans un monde de moins en moins sous contrôle ?

Les années 2003 à 2006, avec l’humiliation des USA en Irak (« l’impuissance de la victoire »), l’émergence dela Chine, de l’Inde et la réémergence de la Russie, sont le troisième acte d’un drame qui commence avec la chute de l’URSS et se poursuit avec le 11/09. Aujourd’hui domine la crise de la puissance américaine et un ordre international hétérogène et contradictoire, qui n’a plus rien d’un ordre.

Une de ses tendances dominantes est une confrontation entre l’Ouest et le Sud, dans  laquelle  la Chine et  la Russie jouent un rôle complexe d’arbitre, à la fois partenaires et concurrents de l’occident.
Une autre tendance est celle des divisons religieuses, ethniques et sociales à l’intérieurs du Sud lui-même, centrées sur l’arc de crise du Moyen Orient et que les Etats-Unis tentent d’exploiter en se heurtant à l’hostilité des populations. De nombreuses guerres civiles menacent d’entraîner des régions entières dans leur conflit, ce qui en rend le contrôle impossible.

Cependant les USA, parce que les plus riches et les plus capables d’intervenir sur n’importe quel point du globe, ont gardé leur illusion de toute puissance et de capacité à «sauver le monde, même quand ils le mettent en danger». Or, s’ils savent répondre, habitués à ces défis, à la menace de nouvelles puissances (Chine, et autre pays émergents), ils ne parviennent plus à appliquer d’étiquettes (ennemis, amis, concurrents..) comme au temps de la guerre froide. De plus, ils ne savent plus répondre à une multitude de petits Etats qui les défient, y compris dans leur sphère d’influence (par exemple Chavez) .Enfin, ils ne comprennent pas l’hostilité de groupes dont le ressentiment met en cause la perception positive qu’ils ont de leur pays.

La guerre a aussi changé de nature : l’occident, fort de sa supériorité technique, la voulait technique, sans « dommages collatéraux ». Mais elle est devenue asymétrique du fait de la réponse d’un adversaire moins avancé techniquement mais qui est au cœur des populations, parfois exposées comme des boucliers humains. Il ne distingue ni les innocents des coupables, ni les militaires des civils, obligeant le fort à contrevenir à ses principes. Les peuples deviennent alors victimes, enjeux et arbitres de la confrontation, à la place de la force. Les violences, par la révolution des techniques, sont répercutées presque instantanément. Il devient difficile d’être efficace sur le terrain en cherchant à la fois à détruire et à gagner les esprits et les cœurs. Dans le cas de la menace nucléaire, une confrontation directe serait catastrophique. Il faut essayer d’abord de résoudre les conflits régionaux mais aussi appuyer les modérés à l’intérieur d’Etats tels l’Iran.

La nécessité d’une «stratégie indirecte et complexe », plutôt que la confrontation directe n’est donc pas une faiblesse mais doit permettre d’éviter les catastrophes. Les peuples peuvent être attachés à la tradition autant qu’à la liberté .Il est donc contreproductif de vouloir imposer la démocratie et la modernité par la force, c’est une arrogance à la fois naïve et impériale… La démocratie imposée peut être perçue come un complot et favoriser un fondamentalisme global et agressif. Les Occidentaux doivent donc jongler entre l’influence, les pressions directes, le marchandage indirect et une prise en compte des courants culturels et sociaux.

La phase actuelle est donc celle d’un monde dont les Occidentaux ne peuvent se retirer mais dont ils ne peuvent exclure d’autres pays. Seules la réciprocité et l’interpénétration entre nations et cultures peuvent isoler les adversaires de la tolérance à l’intérieur de chaque nation. Les solidarités transnationales sont la meilleure chance de l’humanité «à l’heure des nationalismes identitaires».

Vous pouvez lire l’article affiché en salle IF3 (actualité)

ou voir Le site du journal Le Monde

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