Mondialisation: Un transfert massif de capitaux à l'échelle mondiale.

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Dans un article publié le 10 novembre, le Washington Post se fait l’écho et complète l’article du monde évoqué par Mme Mehdaoui hier. Les consommateurs de pétrole paient aujourd’hui 4 à 5 milliards de $ par jour de plus qu’il y a 5 ans, déposant 2000 miliards de $ supplémentaires chaque année dans les coffres des compagnies pétrolières et des États producteurs.

Le quotidien américain souligne les effets multiples et très divers de cette situation nouvelle : Colère devant les pompes à essence en Chine, Assurance croissante du gouvernement russe, afflux d’armes au Tchad et au Soudan, projets de nouvelles usines pétrochimiques en Arabie saoudite, campagne gouvernementale pour inciter les Coréens du sud à ne pas utiliser leurs voitures, augmentation des ventes de voitures hybrides pour Toyota, un fardeau fiscal pour les finances du Sénégal et au contraire un bonus pour celles du brésil. Jusqu’aux récentes manifestations en Birmanie qui eurent pour origine la décision du gouvernement militaire d’augmenter l’essence.

Aux Etats-Unis cette augmentation de la facture pétrolière entraîne mécaniquement une réduction de la consommation (déjà anémique), de la capacité d’épargne des ménages (déjà faible). Le déficit commercial augmente et le $ continue de s’affaiblir. Le travail de la Réserve fédérale qui se fixe comme objectifs simultanés de combattre l’inflation et de favoriser la croissance devient plus difficile.

Comment les pays producteurs utilisent-ils cette Mâne supplémentaire de 700 milliards de $ ?

Deux d’entre eux, l’Iran et le Vénézuela, considérés comme des adversaires des États-Unis, acquièrent une plus grande liberté d’action face à de possibles sanctions, et utilisent une partie de ces fonds pour accroître leur influence en Amérique latine et au Moyen orient.

L’Arabie Saoudite se lance dans des projets pharaoniques, dont le plus important est la construction de 4 villes nouvelles, dont la plus importante (King Abdullah Economic City) devrait accueillir à terme 2 millions d’habitants. L’objectif est d’assurer une diversification de l’économie et la création de nombreux emplois. KAEC, à elle seule devrait coûter 27 milliards de $, ce qui n’empêche pas le royaume saoudien de dégager un surplus budgétaire, après avoir remboursé les emprunts contractés à la fin des années 90.

En Russie, second exportateur mondial, la situation économique est largement transformée également. Lorsque Putine est arrivé au pouvoir en 2000, les intérêts de la dette extérieure représentaient 17 milliards de $/ an. Aujourd’hui, cette dette est remplacée par des réserves de 425 milliards de $ (3° rang mondial) et le budget fédéral a été multiplié par 10 ! Le gouvernement russe a ainsi pu constituer un fond de stabilisation de 150 milliards de $ destiné à prévenir toute crise économique éventuelle. Cette assurance est évidemment perceptible dans la politique étrangère russe, beaucoup plus agressive. La consommation en Russie augmente rapidement, et les grosses cylindrées ne sont plus rares, à Moscou, Saint-Petersbourg, mais aussi dans les grandes villes de province. L’augmentation du niveau de vie assure la popularité du régime et garantit le maintien au pouvoir de M. Putine et de ses amis.

Cependant certains économistes craignent que ces nouveaux revenus ne renforcent une économie de rente, stimulant les importations aux dépens de réels investissements à long terme. Dans certains pays, surtout africains les effets négatifs sont déjà clairement perceptibles. Au Soudan, les revenus pétroliers attisent les conflits ethniques, tandis qu’au Nigeria, un mouvement insurectionnel se développe dans la région du delta. Au Tchad, le gouvernement a préféré investir ses nouveaux revenus dans l’achat d’armes, au détriment des populations. Dans l’est du pays il n’existe pratiquement pas de station-service, et les achats d’essence (pour des mobylettes, plus que pour des voitures) se font à la bouteille au bord des routes…

Le coût de cette augmentation est dramatique pour les pays du sud non producteurs, mais il touche aussi les pays émergeants comme la Chine, où les pénuries se généralisent, même dans les grandes villes côtières. La part de la Chine dans la consommation mondiale est passée de 6,4 % il y a 5 ans à 9 % aujourd’hui. Les pays développés se sont assez bien adaptés à cette nouvelle donne. Le Japon par exemple qui importe 100 % de ses besoins en pétrole a vu baisser ses importations de 16 % par rapport à 1973.

Le pays a massivement investi dans la construction de centrales électriques fonctionnant au charbon, au gaz naturel ou à l’énergie nucléaire. Le pays produit 48 % de l’énergie solaire mondiale (contre 15 % pour les Etats-Unis). Les lampes à faible consommation représentent 80 % du marché contre 6 % aux Etats-Unis.
L’augmentation du prix du pétrole touche indirectement toutes les matières premières et les produits agricoles dont la production repose sur l’utilisation d’engrais et dont le coût de transport augmente.
Toyota presque seule se frotte les mains, sa Prius a été vendue dans le monde à 13 128 exemplaires en octobre 2007 contre 8733 en octobre 2006 (+51 %!). Quant aux pays du groupe €, ils subissent la hausse de façon atténué grâce à la hausse continue de leur monnaie.

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