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Qui a peur de Google?

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C'est le titre de couverture de the Economist cette semaine qui dresse une liste de tous ceux qu'inquiète ou irrite le plus populaire des moteurs de recherche. C'est sans doute, affirme le journal, la société qui a connu la croissance la plus rapide en termes de marchés, de capitalisation et de revenus. Mais la liste des ennemis de Google s'allonge ces derniers temps:

  • réseaux de télévision
  • éditeurs.
  • presse écrite.
  • entreprises de télécommunication

Ils reprochent à Google de prospérer en utilisant leurs contenus ou leurs tuyaux, sans les rémunérer pour cela. Mais la liste n’est pas close:

  • Les petites entreprises s’irritent de dépendre d’un bon classement par le moteur de recherche. Elles peuvent disparaitre brusquement des premières pages à l’occasion de la modification d’un algorithme.
  • Les démocrates s’insurgent de l’accord passé avec le gouvernement chinois qui permet à ce dernier de censurer son contenu.
  • Aux Etats-unis, les conservateurs s’indignent du contenu de certaines vidéos diffusées par You Tube.
  • C’est aujourd’hui la collecte des données que réalise Google qui inquiète le plus. Ces données, ce sont d’abord les recherches effectuées par les internautes, mais c’est aussi les adresses mail, et aujourd’hui, grâce à des outils en ligne, leurs documents, contacts, photos, vidéos. cela pourrait dans un proche avenir être aussi leurs données médicales, et même (grâce au téléphone portable), leur localisation précise en tout point de la planète.
  • Quant à la rédaction du très libéral The Economist, elle semble apprécier assez peu le crédo de l’entreprise qui affirme que son objectif n’est pas « de faire de l’argent », mais de « changer le monde », rien moins!
  • Le journal s’efforce cependant de présenter une défense de l’entreprise dont l’essentiel des revenus provient de la publicité ciblée grâce aux données stockées sur chaque utilisateur. Les infractions au copyright (le droit de propriété sur les oeuvres), permettent en fait aux Internautes de découvrir et d’acheter des produits introuvables sans le moteur de recherche.

    Un article intérieur explique plus complètement le modèle économique sur lequel repose Google. L’essentiel des revenus provient des publicités qui figurent sur les résultats des recherches et les autres pages de Google. Le client ne paie que si l’internaute clique sur un lien publicitaire, et dans ce cas, il donne à Google 0.50$. La prospérité de l’entreprise repose donc d’abord sur sa part de marché (qui est de 64% aux Etats-unis c’est à dire trois fois plus que son plus proche rival Yahoo). Google reçoit 73% des investissements publicitaires mondiaux qui sont faits sur Internet (contre 21% à Yahoo, et 6% à Microsoft). La société cherche à renforcer sa position: Elle vient d’acquérir la société Doubleclic (qui domine le marché des bannières publicitaires sur Internet). La chance de l’entreprise réside dans le fait que ses coût sont plus ou moins fixes, tout revenu supplémentaire est donc un profit.

    Google s’est dotée d’infrastructures gigantesques, avec des serveurs répartis dans le monde entier, suffisamment flexibles pour répondre sans intervention humaine à la demande: Par exemple si le nombre d’utilisateurs de Gmail augmente brusquement, le nombre de processeurs, l’espace de stockage sera augmenté instantanément. Cette infrastructure permet de lancer de nouveaux services à un coût très faible. Même Microsoft n’est plus à l’abri: Google propose une série d’applications en ligne et gratuites qui peuvent à terme concurrencer la suite bureautique office qui domine aujourd’hui le marché.

    Le personnel de l’entreprise a cru dans des proportions phénoménales passant de 2992 employés en juin 2004 à 13786 en juin 2007. En aspirant les talents, Google en prive également ses concurrents potentiels. le département du personnel de la firme est un vrais chaos. Une employée explique qu’après son recrutement, pendant plusieurs semaines, personne ne fut en mesure de lui expliquer ce qu’elle avait à faire. Par contre elle recevait sur son ordinateur des messages pour lui expliquer que le port de bijoux n’était pas approprié et que si elle portait de la fourrure sur le site de l’entreprise elle serait probablement tuée! Ce chaos et cette ambiance très relax sont censés favoriser la créativité des employés.

    La seule menace pour Google semble être le débat croissant autour de la confidentialité et de l’utilisation des données collectées sur chaque utilisateur. Si l’image de la firme venait à se dégrader, toute sa stratégie serait remise en cause…

    Brève synthèse des articles publiés par The Economist

    dans son n° du premier septembre 2007 (consultable au CDI).

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lectures: Esprit, juillet 2009 / Esprit, août-septembre 2009.

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Le n° 7-2009 de la revue Esprit comporte un article d’un grand intérêt. Tout d’abord une table ronde autour du thème « La vie dans le grand âge » qui tente de montrer les conséquences des évolutions démographiques en cours et la nécésité de mettre en place un financement de la dépendance.

Le n° 8-9-2009 de la revue propose un court dossier aux Antilles d’Aimé Césaire dans lequel Michel Giraud, sociologue spécialiste des Antilles, rappelle cette belle formule de Frantz Fanon:  » Le nègre n’est pas, pas plus que le Blanc » et cette phrase d’Aimé Césaire:  » Je suis pour la négritude d’un point de vue littéraire et comme éthique personnelle, mais je suis contre une idéologie fondée sur la négritude ». Roddey Reid consacre un article passionnant à la culture d’intimidation aux Etats-Unis. Il évoque la figure du patron tyranique dans la culture américaine, la création d’un climat de peur et de harcelement sur le lieu de travail, enfin la mise en scène du licenciement:  » Aux Etats-Unis, le licenciement spectaculaire du personnel s’est rapidement transformé en spectacle dont la mise en scène régulièrement répétée au bureau devient partie intégrante du travail quotidien, d’autant plus qu’aux yeux de la direction, les questions sécuritaires sur les lieux de travail deviennent préoccupantes avec la diffusion massive des ordinateurs chez les employés : quand on licencie un employé c’est souvent sans aucun préavis, et immédiatement on le destitue de sa pièce d’identité d’entreprise, on annule ses mots de passe et, comme un suspect arrêté par la police, on le fait accompagner par des gardiens (souvent armés) jusqu’à son poste où sous leur oeil vigilant on lui fait ramasser ses affaires avant de le mettre à la porte devant ses collègues tétanisés. Les licenciements deviennent même un nouveau sujet de feuilleton télévisé comme par exemple L’apprenti qui depuis 2004 met en scène le spéculateur immobilier new-yorkais Donald Trump qui joue le rôle du patron craint et admiré et un groupe d’assistants qui se battent pour être retenus par lui. À la fin de chaque cycle, le dénouement s’annonce quand il lance à l’assistant malheureux : « Vous êtes viré ! » (« You’re fired ! ») . Ce feuilleton est très suivi par le public américain16.
D’après Bing, au cours des années 1990 s’installe un système « d’avidité à court terme et d’insécurité à long terme » qui représente le dernier avatar dans les bureaux d’entreprise de ce que le sociologue américain C. Wright Mills appelait « le système américain d’irresponsabilité organisée». Comme Bing le souligne avec ironie, le lieu de travail aux États-Unis « c’est le seul type de famille où on doit payer tous ceux qui en font partie et où on peut les renvoyer sans aucun motif». Il y a même beaucoup d’entreprises où on procède au licenciement de 10 à 15% des effectifs tous les neuf ou douze mois afin de nourrir un climat de peur et d’incertitude favorable au maintien de la discipline et d’une attitude de soumission chez les employés. C’est la version radicale d’une méthode de gestion qui fut inventée par Jack Welch (PDG très agressif de General Electric) et connue sous le nom de forced ranking18. Et quant au secteur public, on observe que c’est encore pire à mesure que les politiciens républicains et démocrates y procèdent à des réductions budgétaires et imposent « une philosophie d’économie de marché dans un cadre de travail déjà à court de ressources ». Donc, en fin de compte, l’« intimidation » ou le « harcèlement moral » désigne le problème en même temps qu’il l’obscurcit : l’insistance sur la personnalité « intimidante » du patron tyrannique finit par transformer un cas d’agression — et son interprétation — en « conflit de personnalités » où les facteurs structurels et matériels tendent à disparaître et à être remplacés par des facteurs purement individuels et psychologiques. Ceci se reproduit dans les procédures de doléances — s’il en existe — à l’intérieur de l’entreprise, qui réduisent tout au seul niveau d’une plainte individuelle. Dans un tel environnement, on traite souvent les employés victimes de comportements intimidants comme des « gêneurs » et on redouble leur persécution en les traitant comme des bouc émissaires dont les services des ressources humaines estiment que le déplacement ou le renvoi serait la réponse la plus opportune de la part de la direction.
En fin de compte, on parle peu dans les médias et dans les débats publics de la manière dont l’obsession des bénéfices à court terme et les traitements exorbitants des chefs d’entreprise ont favorisé une multiplication des comportements abusifs au travail. Et encore moins de la manière dont l’introduction des best-practices des horaires flexibles, la sous-traitance des tâches traditionnelles de l’entreprise et le recours aux travailleurs — désormais reclassifiés sous le nom d’« entrepreneurs indépendants » (independent contractors) — ont ouvert grand les portes à « la gestion par la terreur » (management by terror) sur les lieux de travail déjà livrés à la merci du at-will employment, régime de travail unique aux États-Unis qui date de la fin du xxe siècle et grâce auquel d’un jour à l’autre les employés ne savent jamais qui va perdre son poste et par la même occasion qui se verra couper tout accès aux assurances maladie. Ce régime a subi plusieurs modifications au niveau des États qui octroient quelques protections contre le licenciement sauvage). »

L’auteur montre ensuite comment ce modèle a ensuite gagné les médias, puis le débat politique. Il termine en espèrant qu’une l’election d’Obama marque un tournant… J’en doute!

Mondialisation: La fin du $?

dollar_247863tSelon the Independant: « Parfaite illustration du « nouvel ordre mondial », des Etats arabes se préparent secrètement, de concert avec la Chine, la Russie, la France à abandonner le $ pour les échanges pétroliers. Celui-ci serait remplacé par un panier de monnaies incluant le yen japonais, le yuan chinois, l’euro, l’or et une nouvelle monnaie commune que les membres du Conseil de coopération des Etats du golfe (Arabie saoudite, Abu Dabi, Koweit, Quatar) s’apprêtent à mettre en place. »

Lire la suite sur le site de The Independant

L’auteur de l’article est le journaliste Robert Fisk, l’un des meilleurs spécialistes du Proche Orient.

Une interview au Gardian de C. Kupchan.

A propos de son livre The end of an american era.

story.jpgAn expert on geopolitics says forget Islamic terrorism — the real future threat to America’s supremacy will come from Europe.

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By Suzy Hansen

Dec. 2, 2002  | The title of Charles A. Kupchan’s new book, « The End of the American Era, » sounds grim, but after a year of terrorist violence, « spectacular » attack warnings and ominous analyses of fundamentalist Islam, his argument is almost refreshing. According to Kupchan, a professor of international relations at Georgetown University and a senior fellow at the Council on Foreign Relations, it isn’t radical Islam that we should be most concerned about. It’s our friends across the Atlantic, the European Union, that pose the greatest threat to American primacy.

In « The End of the American Era, » Kupchan compares the current world situation to past turning points in history — the end of World War I, the federation of the American colonies, the Great Depression — to suggest ways in which the world might transform itself. In some of his most illuminating passages, Kupchan disputes the predictions of such optimistic leading thinkers as Francis Fukuyama and Thomas Friedman, who perceive democracy and globalization as great panaceas, and pessimists such as Samuel Huntington who foresees a « clash of civilizations. » Instead, Kupchan’s global map resembles that of the 19th century, when the reigning empire, Great Britain, gave the rising United States entree as a world power. This time, Kupchan says, it’s America’s turn to make room for Europe.

Kupchan spoke to Salon from his office in Washington, D.C.

I know historians and scholars hate the word « inevitable, » but you imply that sooner or later all great empires will fall. Is that right?

If there’s any trend that keeps coming back, it’s that great powers come and go. No one stays at the top forever. Rome was a great empire with a huge territory under its weight for probably 300 to 400 years, which is a pretty long time. Some have come and gone much more quickly.
Lire la suite ‘Une interview au Gardian de C. Kupchan.’


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