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Commentaire (été 2007): Le Louvre à Abou Dhabi et l'idéologie du "bougisme".

Commentaire

La revue Commentaire, publiée 4 fois par an, est l’une des 4 ou 5 grandes revues intellectuelles françaises. Fondée par Raymond Aron en 1978, elle défend un libéralisme économique et politique fortement mitigé par les préoccupations sociales et citoyennes. C’est à ma connaissance, l’un des seuls organes de presse avec Marianne, à avoir soutenu la candidature de François Bayrou et à publier sur son site des inédits du candidat malheureux du Modem…
Dominique Grimod revient sur la décision d’ouvrir une « succursale » du Louvre à Abou Dhabi. Tout en rappelant les antécédents des prêts aux Etats-Unis et au Japon de la Joconde et de la liberté guidant le peuple (prêts qui représentèrent à ses yeux un risque élevé pour l’intégrité des oeuvres, effectués à la demande expresse de Malraux, de Gaulle et Pompidou), il dénonce la transformation du Louvre en un logo : « On comprend qu’on puisse être choqué que « le Louvre » puisse être vendu comme un logo, s’agissant d’un lieu de conservation du patrimoine et de la mémoire nationale. « Le Louvre » n’est pas l’équivalent de « Publicis » ou d’Ikea », entreprises remarquables certes, mais qui peuvent être remplacées dans leur activité par d’autres. L’auteur rappelle qu’un grand Musée est un tout, qu’il constitue aussi, puisque ces arguments semblent seuls aujourd’hui avoir du poids, une source non négligeable de devises, par les flots de visiteurs qu’il provoque dans la capitale française (l’auteur rappelle que compte tenu de cet apport à la balance touristique, les Musées ne sont pas un coût pour l’économie française).

Comment expliquer que l’avis des experts n’est pas été pris en compte au moment de la décision ? l’auteur attribue cette situation à plusieurs facteurs : « Les pratiques ont changé au cours des dernières années en même temps que s’affaiblissait l’esprit civique. La compétence des « scientifiques » a perdu de sa légitimité. L’antenne des arts premiers fut installée au Louvre sans l’agrément du président-directeur général de l’époque et conservée après l’ouverture du musée du quai Branly, alors qu’elle remet en question la logique de la répartition des oeuvres entre les différents musées de la capitale. Politique africaine de la France et goût personnel du président de la République obligent. C’est selon la même logique, pour prendre un exemple universitaire, qu’un directeur de l’École normale supérieure fut nommé sans que le milieu scientifique fût véritablement consulté (avec les réactions que l’on connaît) comme si la nomination à des postes de haute compétence intellectuelle pouvait être le fait de la seule décision du prince au même titre que n’importe quelle nomination de fonctionnaire. L’idée  d’une « communauté scientifique » ou de « communauté intellectuelle » est devenue étrangère au monde des hommes politiques. On l’avait déjà observé quand Jean-Pierre Chevènement en 1981 réforma les commissions du comité national du CNRS comme on change les responsables des entreprises nationalisées. La formation par l’ÉNA a eu pour effet pervers de donner aux hauts fonctionnaires et aux hommes politiques qui en sont issus l’idée qu’ils sont compétents pour traiter de tout ce qui est de la responsabilité de l’État. Ils se jugent aptes à gouverner la culture intellectuelle ou artistique comme n’importe quel département administratif. Le clientélisme accentué de ces dernières années a rendu cette tradition encore plus critiquable — et condamnable : dans ce secteur comme dans les autres, le président de la République en fin de règne a nommé ses amis aux postes clés, des décisions essentielles ont été prises sans consultation des « scientifiques » par les autorités pour des raisons exclusivement politiques. La différence de degré est devenue une différence de nature.

C’est devenu une vérité d’évidence, répétée par tous, les œuvres d’art doivent circuler et ceux qui mettent quelques conditions à cette circulation généralisée ne seraient que des attardés, attachés de surcroît à la domination de l’Occident où se concentrent les grands musées encyclopédiques, Londres, Paris, Berlin, New York ou Saint-Pétersbourg, derniers signes d’un impérialisme condamnable et d’ailleurs condamné par le sens de l’histoire. L’idéologie du « bougisme », pour reprendre l’expression de Pierre-André Taguieff, n’est plus discutable, elle doit concerner les oeuvres au même titre que les hommes. C’est devenu l’idéologie de tout le monde qui vit de l’État providence culturel. Il va trouver dans les nouveaux projets internationaux un domaine d’intervention encore élargi. Le ministère de la Culture pourra recruter de nouveaux agents et quelques fonctionnaires supplémentaires…

Comment invoquer à ce propos une entreprise de « démocratisation culturelle » ? La construction du Louvre d’Abou Dhabi prend place dans une entreprise qui n’est guère culturelle ni démocratique. Les différents pays du Golfe et, dans une moindre mesure, l’Arabie Saoudite se livrent à une surenchère de constructions prestigieuses, centres financiers construits dans une forêt de tours signées par les plus grands architectes internationaux, aéroports avec leurs Duty free (la publicité pour celui de Dubai tapisse les murs des aéroports du monde entier), gigantesques shopping mails qui s’élèvent dans tous les nouveaux quartiers des capitales. Ces derniers sont ouverts en permanence et rencontrent la faveur du public local et international. En revanche, les fondations culturelles et religieuses érigées en mémoire des souverains défunts, nombreuses, car les membres des familles royales rivalisent pour affirmer la gloire de leur lignée, ne sont guère ouvertes au public. C’est l’acte de fondation et les cérémonies inaugurales qui sont essentiels. Le superbe musée de Riyad construit en l’honneur du roi Abdul Aziz (Ibn Seoud) n’est ouvert au public que fort parcimonieusement. La visibilité et la fréquentation du « Louvre Abou Dhabi » risquent d’être également faibles. »

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Nouveau choc pétrolier.

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Ce post a un an à peine, et semble pour l’instant bien dépassé. Selon Foreign Affairs, on ne doit pas s’attendre dans les mois à venir à une remontée des cours du pétrole…
Responsables: les Américains qui gaspillent?
Les Chinois qui consomment?
Le nombre de voitures roulant dans Pékin devrait donc très vite dépasser les trois millions, une situation qui s’avérera pénible pour les Pékinois qui souffrent déjà des embouteillages et de la pollution, alors que la capitale ne compte pour l’instant que 2,88 millions de véhicules »

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Le siècle de la puissance relative

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Résumé d’un article du Monde (03/10/07) : Le siècle de la puissance relative, par Pierre Hassner (philosophe, spécialiste des relations internationales).

Le XXIème siècle sera-t-il un siècle «anti américain»? Connaîtra t-il la fin d’une illusion, celle du « siècle de la liberté » ? . II est sûr que l’on ne retourna pas à un ordre mondial unipolaire, dominé par les USA ou les occidentaux, même si cela ne signifie pas la fin de toute influence de ceux-ci. Comment agir en faveur de la paix et de la liberté dans un monde de moins en moins sous contrôle ?

Les années 2003 à 2006, avec l’humiliation des USA en Irak (« l’impuissance de la victoire »), l’émergence dela Chine, de l’Inde et la réémergence de la Russie, sont le troisième acte d’un drame qui commence avec la chute de l’URSS et se poursuit avec le 11/09. Aujourd’hui domine la crise de la puissance américaine et un ordre international hétérogène et contradictoire, qui n’a plus rien d’un ordre.

Une de ses tendances dominantes est une confrontation entre l’Ouest et le Sud, dans  laquelle  la Chine et  la Russie jouent un rôle complexe d’arbitre, à la fois partenaires et concurrents de l’occident.
Une autre tendance est celle des divisons religieuses, ethniques et sociales à l’intérieurs du Sud lui-même, centrées sur l’arc de crise du Moyen Orient et que les Etats-Unis tentent d’exploiter en se heurtant à l’hostilité des populations. De nombreuses guerres civiles menacent d’entraîner des régions entières dans leur conflit, ce qui en rend le contrôle impossible.
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L'Arctique, nouveau "Far West" ou plutôt " Far North" ?

passage nord ouest

Poutine, toujours aussi « fin », avait déclaré il y a quelque temps que le réchauffement climatique était une bonne chose pour la Russie : il  allait libérer les voies de navigation arctiques souvent prises dans les glaces et donc désenclaver le pays en le reliant plus facilement aux continents européen et américain…une telle déclaration avait en son temps choqué. Mais on peut se demander s’il n’a pas finalement dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Une série d’articles sur les changements intervenus en Arctique peuvent le laisser penser.

Que se passe-t-il dans cette partie du monde jusqu’alors peu prisée car synonyme, sur une majeure partie de l’année, d’immensité de glace…?
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