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Enquête sur l'intégration des Marocains en Europe.

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Selon le Monde, cette « enquête auprès de la population marocaine vivant en Europe révèle sa forte intégration dans le pays d’accueil et sa volonté de maintenir des liens solides avec le pays d’origine. » Seul point noir: les lieux de culte (est-ce une surprise?). Le journal propose l’exemple de la famille Amri.

à partir de la même étude, le journal marocain Libération donne une image beaucoup plus négative

Pour trancher, le Monde propose un lien vers les résultats détaillés de l’enquête.

On peut également consulter une autre enquête de BVA, réalisée en 2005: « A rebours de nombreux discours sur le sujet, le diagnostic des Français quant à l’intégration en France des personnes étrangères ou d’origine étrangère est remarquablement positif. » Il s’y confirme que l’opinion des Français varie sur ce sujet, essentiellement en fonction de l’âge des personnes interrogées.

A rebours de nombreux discours sur le sujet, le
diagnostic des Français quant à l’intégration en
France des personnes étrangères ou d’origine
étrangère est remarquablement positif.
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Politique migratoire.

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« La Cité nationale de l’histoire de l’immigration n’aura finalement pas été inaugurée. Lundi 30 mars, les ministres de l’immigration, Eric Besson, et de l’éducation nationale, Xavier Darcos, ont renoncé, face à des manifestants hostiles, à prononcer leur discours inaugural. Des étudiants et des intermittents du spectacle, qui figuraient sur la listes des invités, ont empêché par leurs cris les deux ministres de prendre la parole.

« On est solidaires des sans-papiers », ont scandé des manifestants dans l’enceinte même du bâtiment. A l’extérieur du musée, des forces de police retenaient des représentants d’associations, comme Droits devant et le 9e Collectif des sans-papiers. « Est-il indispensable de salir l’éducation nationale en l’associant au ministère des expulsions ? », a crié une étudiante en histoire de l’Ecole normale supérieure ». La suite sur le site du Monde (30 mars 2009).

Politique migratoire.

662492L‘expulsion de plusieurs Marocains sans papiers arrêtés à la frontière dans le bus qui devait les ramener au Maroc a été « totalement légale et humaine », a défendu, dimanche 29 mars, le ministre de l’Immigration Eric Besson, rejetant les critiques sur les conséquences des objectifs chiffrés d’expulsions.
L’association de défense des étrangers Cimade avait dénoncé l’arrestation « à quelques mètres de la frontière espagnole » de dix Marocains « qui voyageaient en bus, munies de leur billet retour, chargés de bagages » et qui « rentraient définitivement au Maroc ».

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090329.OBS1169/larrestation_de_marocains_dans_le_bus_du_retour_ne_choq.html

IMMIGRATION ET COLONISATION : POUR EN FINIR AVEC UNE HISTOIRE POLEMIQUE…

Plantu, Entre deux chaises. 1985 © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Plantu, Entre deux chaises. 1985© Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration"]    

     Une note de lecture d’un ouvrage de l’historien  Daniel Lefeuvre « Pour en finir avec la repentance » suit cet article. Avant de  vous lancer dans la découverte de cet ouvrage, ce qui ne peut qu’être salutaire comme toute lecture, je vous invite à méditer sur quelques idées que je vous exprime ici car ce livre, polémique s’il en est, s’inscrit dans un débat entre historiens dont il convient de connaître les grandes lignes.

    En effet, tout ouvrage d’historien mérite d’être lu avec un recul critique et celui de Daniel Lefeuvre particulièrement. Pour avoir vu l’auteur débattre, au rendez-vous de l’histoire de Blois (2006) avec Pascal Blanchard (représentant d’une autre approche historique), j’ai constaté à quel point son attitude  était revancharde et ses arguments peu dignes d’un scientifique (attaque sur la personne et non sur les idées…). Mais revancharde de quoi me direz-vous ?

     Le débat historiographique sur le passé colonial et ses conséquences postcoloniales font rage mais il a au moins le mérite de renouveler l’approche d’une période clé de notre histoire. Pascal Blanchard fait partie d’un groupe d’historiens que certains appellent « le lobby victimaire ». Ils sont  en en réalité des personnes qui ont eu le mérite  même si elles pêchent parfois par passion excessive (mais je préfère les passions aux frilosités conservatrices…), de démontrer qu’en terme de regards, de représentations et même de gestions des flux migratoires,  il y a des liens  entre colonisation,  décolonisation (pensez à la particularité de la guerre d’Algérie) et immigration issue des colonies. Ces liens n’impliquent d’ailleurs pas une continuité  sans faille … Il s’agit d’un fait, de sa reconnaissance et  non d’une demande de « repentance » ou d’une quelconque attitude « victimaire». Que ces idées soient ensuite récupérées et transformées par des militants peu nuancés, ceci est un autre problème, il ne faut pas tout mélanger. D’autres historiens refusent cette approche. Parmi ceux-ci,  Daniel  Lefeuvre semble bien avoir une attitude relevant plus d’une revanche contre ceux qui osent ouvrir des boîtes de pandore, parfois peu flatteuses pour l’égo national, que d’une réflexion sereine sur le sujet….  Mais le propre de l’histoire étant de ne pas juger, on nom de quoi faudrait-il faire le tri entre ce qui nous arrange et ce quoi nous dérange dans notre passé  (cela fait penser au temps que l’historiographie française a mis à regarder en face son passé vichyssois) ? 

 

    Sur le fond,  les chiffres avancés par D.Lefeuvre sont justes mais partiaux : certes en 1950, le poids de l’immigration issue des colonies est minime, c’est une  évidence puisqu’elle ne débute réellement qu’après !!! : «Le nombre d’Algériens est multiplié par dix en 1954 et progresse fortement jusqu’en 1982, devenant la communauté la plus nombreuse en France (21, 7 % de la population étrangère) », dans Historiens et géographes  N° 385, 2003.). Soyons méthodique à défaut d’être sérieux !!!! 

   D. Lefeuvre nous explique que les discriminations ne sont pas spécifiques à ces populations immigrées issues des anciennes colonies et qu’on retrouve des discours similaires sur les autres populations immigrées d’origine européenne (Italiens, Polonais, …) et même sur les populations rurales arrivant dans les villes. Bien sûr les souffrances des uns n’enlèvent rien à celle des autres et au temps de la Grande Dépression des années 1880, les principales figures de l’altérité cristallisant les rejets nationalistes étaient les Italiens (pensez au massacre d’ouvriers italiens à Aigues Mortes en 1893), les Polonais, les Belges… Les discriminations dont sont victimes les immigrés non européens se parent cependant d’un autre regard, celui issu d’un imaginaire colonial construit avec 880 films ( 3,2% du cinéma français, « autant que les westerns étasuniens » ) et avec un  statut d’Indigènes exhibés dans des expositions coloniales. (Blanchard, rendez-vous de Blois 2006). La question n’est donc pas de savoir qui a été le plus discriminé et « victime » (toute discrimination étant condamnable, et là c’est la citoyenne, non l’apprentie historienne qui s’exprime…) mais « l’habillage » de  ces discriminations, toujours rejet de l’Autre, n’est  pas le même tout simplement parce que la figure de cet Autre est différente.

     Bien sûr, il faut éviter de faire croire, comme les Indigènes de la République, que la France serait encore un Etat colonial. Mais convenons que ces militants   n’ont pas grand-chose à voir  avec les historiens de la « fracture coloniale » ou de la « culture post- coloniale » (Blanchard, Bancel, Lemaire, Branche) évoqués ici.  Pour autant, on est en  droit de penser et surtout d’étudier les conséquences du passé colonial sur les représentations actuelles des immigrés en provenance des anciennes colonies. Prenons deux exemples : les milliers d’images éditées par le ministère des colonies de la France- métropole ont été reprises pour la plupart par les ministères de la coopération après les indépendances, avec un simple changement des légendes !! Des générations de Français ont donc baigné dans des images créatrices de stéréotypes. Autre exemple – ou question – : pourquoi le regard actuel sur les Asiatiques que la propagande coloniale montrait comme rusés et travailleurs n’est-il  pas le même que celui sur  les Algériens que cette même propagande (et que celle de la période de la guerre 54-62)  montrait comme fourbe ou violent… ? Ainsi, En 1918, Antoine Porot ,  fondateur et chef de file de l’École algéroise de psychiatrie   publie ses Notes de psychiatrie Musulmane . La thèse, très simple, peut se résumer ainsi : « Hâbleur, menteur, voleur et fainéant le nord-africain musulman se définit comme un débile hystérique, sujet de surcroît, à des impulsions homicides imprévisibles. »  (cité dans  http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article450).

    Si on rejette tout  excès et tout anachronisme qui ferait de l’histoire un instrument au service du présent (mais Lefeuvre fait-il réellement autre chose ???), on est en droit de penser que « le lien entre immigration et colonisation est fécond à double titre : non seulement il stimule la recherche historique, offrant des perspectives sans cesse renouvelées, mail il induit également un ensemble de questionnement aux enjeux politiques et culturels majeurs. Derrière la référence à un passé désormais connu pour qui veut s’informer, il s’agit d’engager une réflexion sur les contours et l’avenir du modèle français d’intégration » (Yves Gastaut, université de Nice, dans TDC,  l’immigration en France, mai 2007). L’histoire peut donc permettre de questionner le présent, et non l’inverse : où est la repentance dans cette attitude ? 

     Si on est vraiment optimiste, on peut même s’autoriser à penser que mettre en lumière cette histoire peut permettre d’apaiser le présent souvent pollué par les non – dits du passé et ainsi « œuvrer pour une mémoire commune ». (Blanchard à Blois, octobre 2006). Alors de quel côté est l’attitude victimaire ???


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