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London Review of Books Vol. 31 No. 16 .

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Dans ce numéo, un article de Walter Benn Michaels: Class Trumps Race. L’auteur reprend l’argumentaire de son livre (La diversité contre l’égalité) sur l’utilisation de l’antiracisme et de l’antisexisme pour nier les inégalités sociales. On peut lire l’article en libre accès et en anglais sur le site de la LRB.

Un résumé de cet article est disponible sur le site de l’observatoire des communautarismes, ainsi qu’une interview de l’auteur. On peut aussi se reporter au bref compte rendu de l’ouvrage donné ici. Sous le titre « La diversité, une sorte de gauchisme des classes supérieures », le Monde avait également publié un compte rendu élogieux de l’ouvrage.

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La diversité: une sorte de " gauchisme des classes supérieures "

le_mondeSelon Le Monde: « Le paradoxe est flagrant : au moment même où l’élection du métis Barack Obama fait entrevoir l’avènement d’une Amérique postraciale, la France républicaine découvre avec quelques décennies de retard les vertus de la  » diversité « .

A rebours d’une Amérique qui s’interroge sur la validité des catégories raciales, l’Hexagone est tenté par la rhétorique identitaire, voire les statistiques  » ethniques « . Avec l’art délectable de l’autodérision que les Américains savent parfois manier, Walter Benn Michaels, professeur de littérature à l’université de l’Illinois à Chicago, signe un pamphlet décapant. Ce petit livre nous met en garde contre l’adoption d’un modèle qui, séduisant en apparence, porterait en lui la destruction d’une valeur centrale : l’égalité.

Même en France, la question n’est pas nouvelle. Le débat entre  » droit à la différence  » et  » droit à l’indifférence  » a divisé la gauche comme la droite depuis plus de vingt ans. La querelle à propos du  » foulard islamique  » en a été le paroxysme.

Mais aujourd’hui un certain consensus semble s’être opéré autour de la notion floue de  » diversité « . Michaels nous alerte :  » La « diversité » n’est pas un moyen d’instaurer l’égalité, mais une méthode de gestion de l’inégalité. «  D’ailleurs,  » une France où un plus grand nombre de Noirs seraient riches ne serait pas économiquement plus égalitaire « .

Alors que les idées de  » respect des identités «  et de  » diversité «  font, en France, surtout l’objet des critiques de la droite et de l’extrême droite, prompte à ridiculiser le ralliement de Nicolas Sarkozy au politiquement correct de gauche, c’est à une virulente charge de gauche que se livre l’universitaire américain.

Pour lui, les inégalités sociales  » résultent du capitalisme et du libéralisme économique et non du racisme et du sexisme « .

Nouvel opium du peuple, la dévotion pour la  » diversité  » permettrait d’évacuer la question sociale et faciliterait la soumission à l’ordre inégalitaire établi. Masquant les différences de classe, elle constituerait un piège pour une gauche en mal de valeurs spécifiques. A l’appui de sa démonstration, il souligne que le succès de la  » diversité «  aux Etats-unis a coïncidé avec une augmentation vertigineuse des inégalités de richesse depuis les années 1980.

L’avertissement est d’autant plus crédible qu’il provient d’un Américain, qui plus est membre éminent de l’université, lieu emblématique de l’ » affirmative action «  destinée à promouvoir la diversité raciale. Les pages dans lesquelles Michaels raille la bonne conscience que donne aux fils de famille la présence de quelques Noirs dans les universités prestigieuses au coût exorbitant figurent parmi les plus savoureuses d’un ouvrage truffé de références puisées aussi bien dans la littérature que dans la vie quotidienne.

Ainsi, la diversité serait une sorte de  » gauchisme des classes supérieures « , un moyen pour les riches de faire oublier leurs privilèges et de se libérer de toute culpabilité. La religion du  » respect «  des pauvres transfigurés en personnes  » différentes «  ou perçues à travers la couleur de leur peau justifierait le maintien du statu quo social.  » Tant que les affrontements concernent l’identité plutôt que la richesse, peu importe qui les gagne. «  Quant à la notion de  » race « , anéantie par la biologie, elle est réhabilitée sous le couvert, là encore, de respect des identités. Michaels mitraille méthodiquement les piliers du politiquement correct américain.  » Exprimer ses regrets pour l’esclavage, le colonialisme, la Shoah, manifester son respect pour les gens (…), assène-t-il, revient bien moins cher que leur verser un salaire décent.  »

Extrait d’une critique publiée par le Monde (Dimanche-lundi 14 et 15 mars) Lire la suite au CDI, sur Internet, en kiosque ou par abonnement (16€ par mois pour les lycéens!)

Lectures: Walter Benn Michaels, La diversité contre l'égalité, Raisons d'agir, 2009.

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Michaels est un universitaire américain. Il a pu observer sur les campus, et dans l’ensemble de la société américaine, les ravages provoqués par la monté en puissance de la question de la diversité. À partir d’exemples précis, il tente de démontrer, avec beaucoup de justesse à mon sens, que le combat pour la diversité a pour but essentiel d’enterrer la question sociale, de nier la pauvreté et accessoirement de donner bonne conscience aux terrifiants bobos, désormais dispensés de tout effort en faveur d’une société plus juste.

On comprend mieux dès lors l’engagement du Président actuel et de grands patrons en faveur de la diversité et  de l’affirmative action : « Respecter » les gens est moins coûteux que de les augmenter… Elle permet également de diviser profondément les classes populaires, désormais séparées par des intérêts divergents. C’est ainsi que les politiques de discrimination positive se développent au rythme de la croissance des inégalités. Le livre met également en valeur la trahison de la gauche, qui s’est éloignée de son « code génétique » qui était le combat contre les inégalités. L’auteur pose enfin la question du sens qu’on peut donner aux identités culturelles qui ne sont pour lui qu’une formule sans vraie substance pour revenir au vieux concept de race qu’on croyait bien enterré.

Exemple extrait de l’ouvrage :

Randall Robinson, l’un des plus énergiques partisans des réparations, imagine dans son livre The debt le cas d’une petite fille Sarah dont les résultats scolaires ne cessent de se dégrader… Que l’échec scolaire de Sarah soit dû à la pauvreté ou à la « pathologie » de sa culture, Sarah, elle n’y est pour rien : ce n’est pas elle qui s’est faite pauvre ; ce n’est pas elle qui a créé sa culture. Sa situation est l’effet d’une cause, le produit d’une histoire qui a pris fin bien avant sa naissance. Cette histoire (l’esclavage, les lois Jim crow et leurs répercussions) qui a produit ce que Robinson caractérise comme « le gouffre économique béant qui sépare les noirs des blancs dans ce pays »…
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Supposons qu’un Martien débarque sur Terre et que nous lui exposions notre problème. Les Afro-Américains représentent environ 13 % de la population américaine. Mais leur importance est disproportionnée (autour de 32 %) dans le quintile le plus pauvre de la population, disproportion que l’on retrouve, en sens inverse, pour la place qu’ils occupent au sein des 5 % des foyers les plus riches (1,7 %). Le Martien, usant de son pouvoir, fait disparaître les effets économiques de l’esclavage ainsi que du système Jim Crow, et met un terme à cette disproportion. Désormais, les Noirs, qui représentent 13 % de la population américaine, représentent également 13 % des pauvres et 13 % des riches. Nous souhaitons bon retour au Martien et nous le remercions… de quoi ? La société américaine a-t-elle été transformée d’un coup de baguette magique en une société économiquement plus juste ? Non, l’Amérique d’après les réparations est exactement aussi inégalitaire que celle d’avant. Tout ce que notre Martien a fait, c’est changer la couleur de peau de beaucoup de pauvres et de quelques riches ; mais en rien modifié la répartition des richesses. Nous ne pouvons le remercier que pour une seule chose : avoir supprimé l’inégalité raciale dans cette répartition. Mais le fossé économique qui sépare les riches des pauvres est toujours là; seul a disparu le fossé économique qui séparait les Noirs des Blancs.
En sommes-nous plus avancés ? L’objection la plus évidente est que laisser intactes les inégalités économiques de la société américaine en se contentant de répartir différemment la couleur de peau de ceux qui en souffrent et de ceux qui en bénéficient peut difficilement passer pour un progrès – en tout cas, si ce que nous recherchons est l’égalité économique. Mais le problème que le mouvement pour les réparations se propose de résoudre n’a rien à voir avec celui de l’inégalité économique. Une réparation est une compensation : elle rend à chacun ce dont il a été spolié.
Lorsque nous retournons à son propriétaire un bien qui lui a été dérobé, nous ne nous soucions pas de savoir si (par exemple) le tableau volé appartenait à un riche ou à un pauvre : la richesse pas plus que la pauvreté ne constitue un droit à la propriété du tableau en question. Personne aujourd’hui n’est plus attaché aux droits de la propriété que le mouvement pour les réparations – et les conservateurs, qui partagent cet attachement, devraient logiquement être ses plus ardents défenseurs. Ils pourraient même invoquer à leur appui certains propos tenus par le philosophe conservateur le plus influent de la seconde moitié du siècle dernier, Robert Nozick, pour qui  les  « descendants» des « victimes» de «la plus grave injustice » devaient « obtenir compensation » de la part des « bénéficiaires de [cette] injustice » ».
Le principe sur lequel se fondent ces propos est que toute injustice demande réparation, quelle que soit son ancienneté. C’est un principe conservateur, parce qu’il repose sur l’appel à la restitution de la propriété volée, qu’il s’agisse du travail des esclaves ou des biens des Juifs (exterminés). Et son champ d’application ne demande qu’à s’élargir, Les descendants de l’injustice ne sont pas seulement les Afro-Américains et les Juifs. Devons-nous oublier les Indiens d’Amérique ? Devons-nous oublier les mineurs des Appalaches et les petits cultivateurs blancs ? Dès lors qu’on commence à rechercher les injustices du passé, la liste ne cesse de s’allonger. Du coup, on trouve des injustices même là où l’on n’avait pas l’impression qu’il fallait en chercher. Certains critiquent les réparations au nom du fait que les descendants riches des esclaves bénéficient en fin de compte des mêmes réparations que les pauvres. Mais les riches n’ont pas moins droit que les pauvres à la restitution de leur propriété; quiconque est prêt à restituer au SDF du coin de la rue l’équivalent de 20 hectares et d’une mule devrait éprouver une satisfaction égale à faire la même chose pour ‘Tiger Woods ».
Il n’en reste pas moins que notre société compte statistiquement fort peu de Tiger Woods; dès lors, il est tout à fait logique, pour ceux d’entre nous qui se sentent concernés par une distribution plus équitable des richesses, de soutenir le mouvement pour les réparations : en effet, l’argent distribué bénéficiera à bien plus de pauvres que de riches. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue qu’il n’y a rien d’égalitaire dans ce principe : l’injustice subie par des petites filles comme Sarah n’a rien à voir avec le fait qu’elles soient des descendantes de personnes victimes d’injustices dans le passé. En fait, tout cela n’a aucun rapport avec le passé.
Supposons que je sois l’ami blanc de Sarah et que mon père n’ait pas été un esclave, mais un propriétaire d’esclaves. Supposons que, au moment de l’abolition de l’esclavage, le projet des républicains radicaux consistant à répartir les plantations entre les esclaves qui y avaient travaillé ait été mis en œuvre et que mon père esclavagiste ait perdu non seulement tous ses esclaves mais également la totalité de ses terres. Tombé dans le dénuement, il se serait mis à boire, aurait abandonné ma mère alors qu’elle était enceinte, et
cette dernière aurait dû m’élever seule, dans l’incapacité aussi bien de subvenir à mes besoins (puisqu’elle n’avait jamais travaillé un seul jour de sa vie) que de s’occuper correctement de moi (puisque, dans sa famille, ce sont les esclaves étaient chargés d’élever les enfants). À l’âge de neuf ans, je connais des problèmes scolaires : j’ai de mauvaises habitudes de travail ; ma mère est trop déprimée pour lire avec moi ; mes notes en lecture dégringolent. Suis-je fondé à recevoir des réparations ? De toute évidence, non. Que répareraient-elles ? Mes ancêtres n’ont pas été enlevés pour être réduits en esclavage — bien au contraire : ce sont eux les ravisseurs et les esclavagistes. !, Les partisans des réparations évoquent «l’histoire» de Sarah (c’est-à-dire celle de ses ancêtres) comme un parcours mêlant souffrance et noblesse d’âme; dans mon cas, le parcours mêlerait exploitation et cupidité. Du point de vue des exigences historiques du mouvement pour les réparations, Sarah et moi représentons donc des cas complètement différents. Mais je ne suis pas plus responsable de ma pauvreté que Sarah de la sienne. Je ne mérite pas de compensation. Cela signifie-t-il pour autant que je mérite ma pauvreté ? »
Lire la suite ‘Lectures: Walter Benn Michaels, La diversité contre l'égalité, Raisons d'agir, 2009.’

"Salauds de pauvres": le syndrome Deschiens.

Tout le monde garde en mémoire les sketches diffusés par Canal + dans les années 90. Superbement écrites, ces petites comédies décrivaient un monde de petites gens, bêtes et souvent méchants. le pauvre, longtemps idolâtré par les élites marxistes retrouvait enfin sa « vraie » place de médiocre, minable, raciste et méprisable, qui méritait probablement bien son triste sort. L’époque a donné maints exemples de ce retournement idéologique (pensons au stupidisime film camping!).

L’ensemble des sociétés occidentales a connu une évolution parallèle comme l’illustre un superbe article de The Independent, publié à l’occasion de la mort de Jade Goody et traduit cette semaine par Courrier International (disponible au CDI)

Ce mépris des classes populaires contribua à justifier les inégalités croissantes de richesses et le ralliement de la gauche dite « caviar » au combat de substitution qu’a constitué l’antiracisme, qui présentait l’avantage de ne pas remettre en cause les inégalités sociales.

Extrait:  » Elton John ne viendra pas chanter Candle in the Wind aux funérailles de Jade Goody. Une chose est sûre, c’est qu’à l’instar de la princesse Diana la jeune cancéreuse a su, à sa manière rugueuse et populaire, réveiller les consciences britanniques. Sa vie a révélé la face sombre de notre inconscient. Comment une jeune femme au caractère aussi généreux que truculent, arrivée quatrième à une émission de télé-réalité en 2002, est-elle devenue une telle icône au Royaume-Uni ? Parce que nous avions besoin d’elle pour apaiser nos consciences meurtries.

Au cours de sa brève existence, Jade a montré à quel point, alors que la Grande-Bretagne est devenue l’une des sociétés les plus inégalitaires et les plus immobiles de la planète, nous avons pris l’habitude de nous moquer ouvertement des gens coincés en bas de l’échelle. Nous nous sommes allègrement servis d’elle comme d’une « preuve » montrant que, si certains malheureux moisissent dans des cités abandonnées, ce n’est pas par un triste hasard de la vie mais parce qu’ils sont stupides, laids et sectaires. Tout ce que nous avons démontré, c’est notre stupidité, notre laideur et notre sectarisme.

Un jour est arrivée une jeune fille de 20 ans au rire sonore, quasi sans culture mais ayant le sens de la repartie. Elle pensait que l' »East Angular » était un pays [l’East Anglia est une région de l’est de l’Angleterre] et se demandait quelle monnaie on utilisait à Liverpool. Les médias se sont empressés de la qualifier d' »écervelée ». Surnommée la « grande prêtresse de la salopocratie », Jade était « la manifestation du sous-prolétariat anglais ».

Mais personne ne s’est jamais demandé d’où venait cette ignorance. La réponse, la voilà : fille d’une toxicomane gravement handicapée, Jade a passé plus de temps au chevet de sa mère que sur les bancs de l’école. A 5 ans, elle s’occupait déjà des repas, du ménage et du repassage. Son père cachait une arme à feu sous son lit de bébé, et son premier souvenir est la vision de ce père se piquant à l’héroïne dans la chambre de sa fille. Pour finir, après quelques séjours en prison, il a été retrouvé mort d’une overdose dans les toilettes d’un Kentucky Fried Chicken.

Malgré ce lourd bagage, Jade a toujours travaillé, dans des magasins, pour le salaire minimum, et n’a pas touché à la drogue (sauf au cannabis). Elle s’est portée candidate à Big Brother [en 2002] parce que sa propre mère devenait accro au crack, et elle ne voyait pas d’autre moyen pour éviter d’assister à ce naufrage. C’est ainsi qu’elle est devenue un personnage public en Grande-Bretagne, et que dans un concert de moqueries nous l’avons hissée au rang de symbole du sous-prolétariat britannique. Jade n’a pas tardé à faire preuve d’une certaine intelligence en monnayant au prix fort sa quatrième place à Big Brother. Elle a lancé sa propre marque de parfum, ouvert un institut de beauté et publié une série d’autobiographies sensibles, plutôt belles, qui ont su séduire des jeunes femmes qui n’avaient jamais vu de gens comme elles à la télévision. La perception qu’on avait d’elle a lentement évolué. A mesure que les gens apprenaient ce qu’elle avait vécu, beaucoup ont compris à quel point leurs moqueries sur son accent étaient déplacées. Leur sentiment de supériorité en a pris un coup, au moins provisoirement.

Puis elle a participé à Celebrity Big Brother [en 2007], et alors là qu’est-ce qu’on s’est régalé… Jade a dû coexister dans la maison avec la charmante et naïve Shilpa Shetty, une star de Bollywood qui a grandi entourée de serviteurs. La jeune vedette a réveillé chez Jade la sensation d’avoir toujours été traitée de haut. Jade a dit que Shilpa n’avait pas la moindre idée de la manière dont vivaient les Indiens « d’en bas » et lui a hurlé : « Ça te ferait du bien de passer une journée dans les bidonvilles ! » Ce qui a été pris pour du racisme, comme si elle lui avait dit de retourner dans son pays. Nous avions enfin l’occasion de revenir à notre bonne vieille conception de la classe ouvrière blanche. Si nous ne pouvons pas nous sentir supérieurs aux pauvres parce qu’ils sont stupides, au moins pouvons-nous nous croire supérieurs à eux parce qu’ils sont racistes.

Et même quand elle était mourante, nous avons continué à nous moquer d’elle. Personne n’a dit que John Diamond [journaliste mort en 2001] « exploitait » son cancer en écrivant sur le sujet dans The Times, mais la décision de Jade de parler du sien à la télévision afin de laisser de l’argent à ses gamins était bien la preuve de sa « vulgarité ». Un journal se plaint que nous allons avoir droit à des « funérailles nationales chavs [« Jeune personne, souvent sans niveau d’éducation très élevé, qui suit une certaine mode vestimentaire », selon l’Oxford Dictionary] ». Maintenant qu’elle est décédée, nous persistons à considérer Jade Goody comme une chav idiote. Elle nous rassure inconsciemment quant au fait que notre rang plus élevé dans la hiérarchie sociale est dû à notre intellect, notre sensibilité et notre antiracisme, et non au hasard de la naissance. En croyant cela, ce n’est pas Jade que vous condamnez, c’est vous-mêmes.

Johann Hari
The Independent
Lire l’article intégral dans Courrier International n° 959 du 19 mars 2009, en kiosque ou au CDI

On aimerait trouver plus souvent une telle intelligence chez nos grandes signatures françaises… (à propos, avez-vous remarqué que Le Monde est devenu une imitation tout à fait acceptable de The Independent?)


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