Posts Tagged 'Japon'

Cinéma: Still walking de Kore-Eda Hirokazu (2008).

« un film léger et magistral » les cahiers du cinéma.

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Lectures: Pluie noire de Masuji Ibuse, Folio gallimard, 1966.

pluie_noire2À l’est de la gare se trouvait le temple de Yokogawa, mais du sanctuaire intérieur, il ne restait debout que des colonnes, Quant au pavillon extérieur, il avait complètement disparu, ne laissant qu »une place rase. Sur le chemin qui longe le parvis, il y avait des gens, tous couverts d’une espèce de cendre ou de poussière et qui tous, sans exception, saignaient de la tête, de la face, des mains, et ceux-ci étaient nus, de la poitrine, du dos, des cuisses, de partout. Il y avait une femme dont la joue trop gonflée pendait comme un sac, et qui marchait les mains en avant, comme un fantôme. Un homme, aussi nu que lorsqu’on plonge dans la piscine d’un bain public, marchait en se baissant comiquement. Une fenme en chemise courait, exténuée, en poussant des gémissements. Une autre, un bébé dans les bras, criait« De l’eau ! », et entre deux cris continuait d’essuyer les yeux de l’enfant, où était entassé quelque chose comme de la cendre. Un homme criant à tue-tête, des femmes, des enfants courant en hurlant de douleur, un homme assis au bord du chemin et agitant follement ses bras levés vers le ciel, une femme au seuil de la vieillesse priant avec ardeur, les mains jointes, auprès d’un tas de tuiles, un homme à moitié nu trottant et se heurtant à elle, et qui filait en jurant « L’idiote, la folle », un homme qui flânait, un autre en pantalon blanc qui rampait en sanglotant ha ha et avançait très lentement, voilà ce que j’ai vu en faisant cent vingt mètres à peine sur la route nationale qui va de la gare de Yokogawa, au parc de Mitaki.

Elle était aussi grouillante de monde que la place d’une gare aux heures d’affluence. j’ai suivi la foule. Alors, au milieu des cris de toute sorte, ii y a eu une voix perçante qui m’a appelé « Monsieur Shizuma Monsieur Shizuma — Ohé où êtes-vous ? ohé où êtes-vous ? » et en criant je tâchais d’écarter les gens pour m’approcher du côté d’où venait la voix, quand quelqu’un m’a saisi le bras par-derrière et m’a embrassé en disant « Monsieur Shizuma, je suis contente de vous trouver » Mme Takahashi, la patronne des ateliers de peignage. je ne sais par quel chemin elle était arrivée là. Elle m’a étreint de ses deux bras et s’est mise à trembler. Pour échapper à la cohue, je l’ai conduite par la main entre des ruines du bord de la route. Elle était pâle et tremblait encore visiblement
« Monsieur Shizuma, qu’est-ce que c’est que tout ce branle-bas ?
–    Nous avons été bombardés.
– Où?
– Je ne sais pas, mais en tout cas nous avons été bombardés.

… Au même moment, nous avons été dépassés par un garçon qui courait en criant: « Grand frère! », Grand frère! » et qui portait de chaussures de toile, une chemise à manches courtes, et un pantalon déchiré aux dessous des genaoux. « Grand frère, grand frère, c’est moi! grand frère! ». Il s’st arrété devant un jeune homme casqué de fer qui venait de son côté, et qui s’arrêtant à son tour, lui a demandé d’un air hésitant: « Qui êtes-vous?

Avec Mme Takahashi, nous nous sommes arrêtés pour regarder.
La figure du garçon était gonflée comme un ballon de football, dont elle avait aussi la teinte. Les cheveux, les sourcils, avaient disparu, et on ne pouvait plus le reconnaître.
« Grand frère c’est moi ! hein, grand frère ? »
La tête levée, le garçon regardait le jeune homme qui, n’arrivant pas à le reconnaître, a eu une expression amère.
« Dites-moi votre nom, et celui de votre école.
Kyûzô Sukune, deuxième classe de première année, Premier Lycée de Hiroshima. »
Le jeune homme, comme s’il s’était méfié, a reculé légèrement.
« Eh bien si c’est Kyûzô  je dis bien si c’est vraiment Kyûzô —, il porte des bandes molletières et une chemise faite avec les restes d’un kimono de coton à pois.
— Grand frère Ichirô, mes bandes molletières ont été emportées par le souffle, et ma chemise a été toute trouée à l’endroit des pois. C’est quand la bombe a brillé que tout ça est arrivé tout d’un coup. Grand frère, reconnaissez-moi »
La chemise en effet avait partout des trous comme des pois, mais le jeune homme avait toujours l’air méfiant :
« La ceinture elle doit avoir un signe particulier. — La voilà, grand frère »
Vite, de ses mains toutes brûlées, le garçon a ôté sa ceinture et l’a montrée au jeune homme. C’était apparemment une ceinture faite avec des restes de courroie à lier les malles d’osier ; à côté d’une boucle brune était attaché un médiocre anneau coulissant, de la même couleur.

 » Kyûzô! Toi ! Tu… » Il ne pouvait plus parler. Accroupi près du garçon il lui remettait sa ceinture.

Adapté au cinéma par Shohei Imamura en 1989.

La mégalopole japonaise n'est pas toujours ce qu'on croit

Urbanisme horizontal

Musique: Salyu – Arabesque

Cinéma: Des Japonais de plus en plus décalés, All about lily chou-chou de Shunji Iwai (2001). GSH*

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(version intégrale sur You tube, version sous titrée en anglais)

le site du film (anglais)
l’article Wikipedia (anglais)

All about Lily chou-chou a inspiré les auteurs de l’épisode 7 de la série 3 de Skins(le seul qui soit vraiment à la hauteur de la saison 2). En particulier l’omniprésence de Debussy dans la bande son.

*GSH: Garanti sans hélicoptère.


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