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Fermer les écoles à la rentrée?

Malaysia Swine Flu

Désinfection d'une classe en Malaysie

Le débat fait rage en France, mais aussi en Grande-Bretagne. Avantage: faire baisser considérablement le taux de contamination chez les jeunes (catégorie la plus touchée) et par voie de conséquence dans l’ensemble de la population. Il faut imaginer que les établissements scolaires seront chaque jour un gigantesque lieu de brassage entre personnes atteinte (sans symptômes pendant plusieurs jours et personnes saines). Là ou cette mesure a été adoptée, pendant l’épidémie de grippe espagnole, la mortalité a fortement baissée:  » Selon des épidémiologistes américains et australiens, la fermeture des écoles (associée à celle des églises) pendant la grippe espagnole de 1918 dans certaines villes aurait contribué à baisser le taux de mortalité de 10 à 30 % ». Contre, les effets négatifs sur l’économie et le système de santé lié aux soucis de garde des parents. Pour l’instant, le gouvernement a tranché en ne tranchant pas: On ferme à partir de trois élèves atteints par classe. Pourquoi Trois et quid du professeur de la classe contaminée qui continue de faire cours à ses autres classes? ? ?

Deux remarques: les personnels médicaux, en première ligne pour la contamination, vont envoyer leurs enfants dans les établissements scolaires?! Une de mes élèves, dont la mère était infirmière avait évoqué la possibilité d’un confinement du personnel médical dans les établissements de soin( il est vrai qu’on envisageait alors une épidémie beaucoup plus dangereuse).

Seconde remarque: ne peut on au moins libérer lycéens et collégiens, capables de se surveiller eux-mêmes et qui resterons de toute façon rivés sur France-Culture et Arte pour suivre les cours pré-enregistrés…

Les éléments du débat dans cet article du Figaro (décidément, Le Figaro, Arte, France-Culture… Nos jeunes vont changer radicalement!

M Pinçon & M Pinçon-Charlot, Promenades sociologiques, 2001/2009, Payot.

promenades_sociologiques15 promenades sociologiques dans Paris: De la goute d’or au périphérique en passant par les villas du XVI° arrondissement. Les auteurs Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, surtout connus pour leurs travaux sur les élites françaises, proposent au curieux des parcours dans Paris qui sont l’occasion de décrire la sociologie des quartiers traversés et les évolutions en cours. Les conséquences des grands travaux, la gentrification sont largement évoqués. La promenade intitulée « Villages dans la ville, les villas de Paris » me semble l’une des plus réussie. Extrait:>Les propriétaires de la villa Montmorency sont organisés depuis 1853 dans une association chargée de la gestion et de la réglementation des parties communes. Pour préserver le cadre idyllique de ces « maisons unifamiliales de campagne et d’agrément », comme disent les statuts, les règles se sont faites de plus en plus contraignantes. Des panneaux, aux différentes entrées de la villa, précisent qu’il est interdit de franchir les grilles, bien entendu en voiture, mais aussi à pied, sauf aux « riverains, à leurs visiteurs ou à leurs fournisseurs autorisés ». Ce que le gardien, inflexible, sortant de sa loge à l’allure d’octroi, vous rappelle dès que vous risquez un pas dans l’enceinte interdite.

Ainsi le poids du collectif organisé et structuré, contraignant par bien des aspects, apparaît d’autant plus fort qu’un espace concentre une population plus bourgeoise. La manière dont les propriétaires s’organisent pour gérer les parties communes ou en abandonnent le soin aux collectivités locales dépend du milieu social. Les statuts des copropriétés et les cahiers des charges limitent la liberté individuelle pour mieux préserver des valeurs qui ne peuvent l’être que collectivement. Les familles de la haute société font preuve d’un sens de l’intérêt collectif de leur groupe que l’on ne rencontre qu’exceptionnellement ailleurs.Nous avons mené une enquête sur la sociologie des habitants de cette villa, avec Pascale Kremer, journaliste au Monde 21. La densité des familles les plus fortunées y est exceptionnelle. On y trouve Vincent Bolloré (Havas) et ses deux fils, Yannick et Sébastien, qui y ont chacun une maison ; Arnaud Lagardère (Lagardère médias); Georges Tranchant (les casinos de Finindusco) ; Dominique Desseigne (hôtels de luxe et casinos Lucien Barrière); Xavier Niel (Iliad, maison mère de Free) ; Jean-Paul Bucher (société Flo) ; Alain Afflelou et bien d’autres hommes d’affaires. Au milieu des grands patrons, des familles de la noblesse et du Bottin Mondain, des producteurs de cinéma, comme Tarak ben Amar ; le fondateur d’une radio privée, en la personne de Jean-Paul Baudecroux (NRJ). Et puis quelques gloires passées ou présentes du show business, comme Sylvie Vartan, Rika Zaraï ou Mylène Farmer. Et Carla Bruni, dont l’hôtel particulier, doté de deux entrées, l’une dans la villa et l’autre sur la voie publique, est fréquenté le soir venu, en semaine, par son mari, Nicolas Sarkozy. Déjà, pour préparer sa campagne électorale, le futur président avait goûté aux charmes de ce voisinage argenté, séjournant durant deux mois chez son ami Dominique Desseigne. Tous les pôles de l’activité économique et culturelle sont donc représentés dans ce microcosme bien représentatif du pouvoir dans toutes ses variantes.

La perspective de voir s’ériger des immeubles de plusieurs étages à cet emplacement vide qui ménage un dégagement important et un vaste ciel a soulevé un véritable tollé de la part des habitants du quartier, dont ceux de la villa. La présence de logements sociaux dans le projet n’arrange rien. Plusieurs associations ont été constituées pour organiser la résistance, qui, sous le label de la défense des paysages urbains et de l’environnement, ont en ligne de mire la dimension sociale du projet et l’arrivée aux franges de la villa Montmorency d’une population incongrue en ces lieux de bonnes manières et de langage châtié. L’entre-soi est une condition nécessaire, dans ces familles qui cumulent toutes les formes de richesse, pour la reproduction de leur position dominante. Le passage du relais de génération en génération suppose une endogamie de classe. Éviter les mésalliances et la dispersion des fortunes, économiques mais aussi culturelles et sociales suppose des héritiers aptes à assurer les charges de l’héritage. Ils ne doivent pas dilapider leur patrimoine, ni rater leurs études, ni gaspiller l’immense pouvoir que représente le carnet d’adresses de leurs parents. Pas de meilleure solution que de s’assurer que les jeunes de la famille fréquenteront exclusivement des jeunes leur « ressemblant étonnamment ». La villa Montmorency est le résultat d’un processus positif d’agrégation des semblables, particulièrement bien contrôlé dans la grande bourgeoisie qui dispose des moyens matériels lui permettant de choisir ses lieux de résidence en fonction de critères sociologiques et non pas sous la contrainte économique. Un processus d’agrégation qui est tout en même temps celui d’une ségrégation voulue et assumée. Vers le bas du boulevard de Montmorency, au n° 93, une entrée secondaire de la villa est tout aussi difficile à franchir. Il s’agit presque d’une entrée de service, tant les femmes de ménage et les nourrices sont nombreuses à l’emprunter. L’interdiction d’entrer est affichée de manière très visible, un système de clef électronique doublé d’une installation de télésurveillance renforçant encore la solidité de la frontière, matérielle et symbolique. Le portail, constitué par une haute grille de fer forgé, permet toutefois de jeter un oeil indiscret sur ce monde interdit. Les petites rues, des allées sinueuses et ombragées, calmes et soigneusement ratissées, invitent à respecter le silence et la tranquillité de ces lieux qui tranchent sur le brouhaha urbain qui les entoure. Au n° 71 du boulevard, la grille de clôture laisse apercevoir une allée de la villa qui débouche sur une placette charmante, agrémentée d’une fontaine.

Au n° 67, la maison où vécurent les frères Goncourt est aujourd’hui propriété de la Ville de Paris. Elle est tournée vers le boulevard mais son jardin, à l’arrière, donne sur une rue intérieure de la villa, accessible par une porte. Toutefois les usagers, et leurs invités, de ce qui est devenu une Maison des écrivains et de la littérature, n’ont pas l’autorisation de la franchir. Ainsi, aux franges de la villa Montmorency, les habitants des maisons et des jardins qui en sont mitoyens, se voient interdire d’utiliser les accès à la villa. Quant à la maison des Goncourt, les copropriétaires se sont tout simplement opposés à ce qu’elle soit transformée en musée et ouverte au public, comme le souhaitait la municipalité. »

Chaque promenade est accompagnée d’un plan précis du quartier concerné qui permet de la mener à bien  sans perdre le fil!

La diversité: une sorte de " gauchisme des classes supérieures "

le_mondeSelon Le Monde: « Le paradoxe est flagrant : au moment même où l’élection du métis Barack Obama fait entrevoir l’avènement d’une Amérique postraciale, la France républicaine découvre avec quelques décennies de retard les vertus de la  » diversité « .

A rebours d’une Amérique qui s’interroge sur la validité des catégories raciales, l’Hexagone est tenté par la rhétorique identitaire, voire les statistiques  » ethniques « . Avec l’art délectable de l’autodérision que les Américains savent parfois manier, Walter Benn Michaels, professeur de littérature à l’université de l’Illinois à Chicago, signe un pamphlet décapant. Ce petit livre nous met en garde contre l’adoption d’un modèle qui, séduisant en apparence, porterait en lui la destruction d’une valeur centrale : l’égalité.

Même en France, la question n’est pas nouvelle. Le débat entre  » droit à la différence  » et  » droit à l’indifférence  » a divisé la gauche comme la droite depuis plus de vingt ans. La querelle à propos du  » foulard islamique  » en a été le paroxysme.

Mais aujourd’hui un certain consensus semble s’être opéré autour de la notion floue de  » diversité « . Michaels nous alerte :  » La « diversité » n’est pas un moyen d’instaurer l’égalité, mais une méthode de gestion de l’inégalité. «  D’ailleurs,  » une France où un plus grand nombre de Noirs seraient riches ne serait pas économiquement plus égalitaire « .

Alors que les idées de  » respect des identités «  et de  » diversité «  font, en France, surtout l’objet des critiques de la droite et de l’extrême droite, prompte à ridiculiser le ralliement de Nicolas Sarkozy au politiquement correct de gauche, c’est à une virulente charge de gauche que se livre l’universitaire américain.

Pour lui, les inégalités sociales  » résultent du capitalisme et du libéralisme économique et non du racisme et du sexisme « .

Nouvel opium du peuple, la dévotion pour la  » diversité  » permettrait d’évacuer la question sociale et faciliterait la soumission à l’ordre inégalitaire établi. Masquant les différences de classe, elle constituerait un piège pour une gauche en mal de valeurs spécifiques. A l’appui de sa démonstration, il souligne que le succès de la  » diversité «  aux Etats-unis a coïncidé avec une augmentation vertigineuse des inégalités de richesse depuis les années 1980.

L’avertissement est d’autant plus crédible qu’il provient d’un Américain, qui plus est membre éminent de l’université, lieu emblématique de l’ » affirmative action «  destinée à promouvoir la diversité raciale. Les pages dans lesquelles Michaels raille la bonne conscience que donne aux fils de famille la présence de quelques Noirs dans les universités prestigieuses au coût exorbitant figurent parmi les plus savoureuses d’un ouvrage truffé de références puisées aussi bien dans la littérature que dans la vie quotidienne.

Ainsi, la diversité serait une sorte de  » gauchisme des classes supérieures « , un moyen pour les riches de faire oublier leurs privilèges et de se libérer de toute culpabilité. La religion du  » respect «  des pauvres transfigurés en personnes  » différentes «  ou perçues à travers la couleur de leur peau justifierait le maintien du statu quo social.  » Tant que les affrontements concernent l’identité plutôt que la richesse, peu importe qui les gagne. «  Quant à la notion de  » race « , anéantie par la biologie, elle est réhabilitée sous le couvert, là encore, de respect des identités. Michaels mitraille méthodiquement les piliers du politiquement correct américain.  » Exprimer ses regrets pour l’esclavage, le colonialisme, la Shoah, manifester son respect pour les gens (…), assène-t-il, revient bien moins cher que leur verser un salaire décent.  »

Extrait d’une critique publiée par le Monde (Dimanche-lundi 14 et 15 mars) Lire la suite au CDI, sur Internet, en kiosque ou par abonnement (16€ par mois pour les lycéens!)

Femmes-hommes : pourquoi ne parle-t-on jamais des hommes battus ?

badinter

« Combien d’hommes meurent chaque année sous les coups de leur femme en France ? Et combien de femmes meurent sous les coups de leur mari ?

Elisabeth Badinter : Nous avons au total pour l’année 2006, en augmentation par rapport à l’étude de 2004, 168 décès par homicide au sein du couple. Et dans ces 168 décès, il y a 137 femmes et 31 hommes. Ce qui veut dire qu’une femme meurt tous les 2,5 jours sous les coups de son conjoint, et qu’un homme meurt tous les 11,5 jours sous les coups de sa conjointe. Donc il est incontestable que ce sont les femmes qui sont majoritairement victimes de la violence des hommes.

Au demeurant, je considère que la question des victimes masculines de la violence des femmes doit être posée. Parce que ce n’est pas nul. 31 hommes qui meurent sous les coups de leur femme, ce n’est pas rien. Or je constate qu’il n’y a aucune étude spécifique entreprise sur le sujet des hommes, et que la presse, dans son ensemble, et les chercheurs ne considèrent que les violences faites aux femmes, comme si l’autre n’existait pas. C’est cet aveuglement, volontaire ou inconscient, qui m’interpelle. Car j’y vois en particulier un parti pris idéologique grave, qui consiste à faire des femmes les uniques victimes de la violence.  »

Extrait du chat avec Elisabeth Badinter. Lire la suite et d’autres interventions dans le cadre du forum Le Monde Le Mans: hommes-femmes, quelles différences? sur le site du journal Le Monde. On peut lire également avec profit l’intervention de jean Birnbaum qui évoque les représentations des lycéens rencontrés:

 » J’ai pu le constater lors de récentes rencontres avec des lycéens au Mans, en vue de la préparation du forum. Alors que beaucoup de professeurs et membres de l’équipe du forum s’attendaient à rencontrer des élèves pour qui la différence des sexes était quelque chose d’inné et d’irréductible, finalement, ce qui s’est dégagé, c’est une large majorité d’interventions définissant les rôles sexués comme quelque chose de fondamentalement acquis. Du reste, l’exemple des jouets et de leur distribution dissymétrique et/ou inégalitaire a été plus d’une fois mis en avant par les élèves. Ces derniers faisant de la manipulation de tel ou tel jouet l’instrument privilégié d’une pédagogie des rôles sexués. De ce point de vue, on peut dire que, comme toujours dans ce domaine, les choses évoluent très lentement. En témoignent d’ailleurs les protestations récurrentes des jeunes féministes d’aujourd’hui, indignées par la façon dont les publicitaires perpétuent préjugés et pseudo-évidences dans les esprits des jeunes filles et des jeunes garçons. » 


Site histoire-géographie: Mode d’emploi.

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